Economie

Arriérés TVA: Boussaid s’engage à un règlement imminent

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5192 Le 22/01/2018 | Partager
Une annonce cette semaine sur les remboursements
Seules les entreprises privées seront concernées
«Une solution adéquate sera trouvée pour l’OCP»
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Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances: «La titrisation des créances n’apporte rien. Elle va impacter la dette. Or, c’est pour la première fois que le taux d’endettement va être stabilisé» (Ph. Bziouat)

Un nouveau mécanisme de remboursement TVA sera décliné en cours de semaine par Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances. L’annonce a été faite lors de la traditionnelle rencontre mensuelle de la Chambre Française du Commerce et d’Industrie du Maroc.

■ Crédit TVA: La solution déclinée cette semaine
Fallait-il prendre la CGEM au mot? «La proposition de la CGEM de renoncer à toutes les propositions dans la loi de finances en contrepartie de l’engagement de régler la totalité des retards de paiement dus aux entreprises a été faite après l’adoption du texte», répond Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances à une question de la salle. Les arriérés de paiement TVA pénalisent les entreprises et sont une source de grand stress permanent pour les opérateurs. Les crédits atteignent 30 milliards de DH dont 10 milliards dus au privé. Dans le secteur public, l’OCP réclame 16 milliards de DH. 

«Une annonce sur le remboursement TVA sera faite cette semaine», s’est engagé le ministre des Finances. Seules les entreprises privées seront concernées, dans un premier temps. Les arriérés cumulés par les entreprises publiques seront traités par la suite. «La situation de l’ONCF est en train de se stabiliser et une solution adéquate sera trouvée pour l’OCP», affirme le ministre. Pour la RAM le problème ne se pose plus alors qu’il sera réglé sur les deux à trois ans à Autoroutes du Maroc en raison de la hausse de la TVA à 20% et de la baisse des investissements.

En 2014, un mécanisme de remboursement accéléré des crédits structurels de TVA a été mis en place. Il avait démarré  avec les créances ne dépassant pas 20 millions de DH. Le ministère des Finances s’est attaqué par la suite  aux crédits TVA compris entre 20 millions et 500 millions de DH avec des remboursements étalés sur trois ans,  2015, 2016 et 2017  à raison du tiers par année.

Avec le recul, ce dispositif s’est avéré inefficace puisqu’il n’a pas permis de régler définitivement le problème du butoir. «On ne règle pas le butoir en remboursant, mais en s’attaquant à l’origine du mal, les taux. C’est compliqué de réformer la TVA», reconnaît Boussaid. Il cite ainsi l’exemple de l’eau qui est au taux de 7% alors que les achats de l’ONEE sont à 20%! Et à ce niveau, le problème ne risque pas d’être résolu!

■ Délais de paiement: Le privé devrait balayer devant sa porte
«Nous devons nous dire la vérité, les délais de paiement sont d’abord un problème inter-entreprises privées», soutient le ministre des Finances. Il explique aussi que «le taux d’émission des crédits budgétaires (75%) pour 2016 a été le plus élevé de toute l’histoire du Maroc. C’est pratiquement le même niveau en 2017. Si une administration, par manque de moyen et de budget, rallonge les délais de paiement, il faut le signaler et vous aurez rapidement votre réponse».

Le ministre reconnaît néanmoins les délais longs pratiqués par des entreprises publiques comme l’ONCF dont la trésorerie enregistre un déficit important. Dans d’autres établissements, cela est attribué à des procédures compliquées.
L’Observatoire des délais de paiement qui regroupe le secteur privé, les administrations, le GPBM, la CGEM… permettra de mettre à plat le système et d’identifier les sources des retards. Cet observatoire sera logé auprès de la direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation. Les opérateurs pourront s’enquérir via le site Internet des délais et des raisons des retards de paiement.

■ Chômage: «Il n’y a pas de recette  miracle»
«L’emploi est un vrai problème et nous n’avons pas de solution miracle». Le taux de chômage au niveau national tourne autour de 10,2%, mais avec des disparités importantes: le taux atteint 35% pour les jeunes diplômés dans les villes. «Si vous êtes jeune, diplômé et vous résidez dans le milieu urbain, vous avez malheureusement plus de chance d’être au chômage», souligne le ministre.

En théorie, ce phénomène se règle par l’accélération de la croissance. Sauf, que celle-ci a pratiquement «atteint son potentiel» alors même que le Maroc connaît une transition démographique. Cela se traduira par l’arrivée massive de jeunes diplômés sur le marché du travail favorisé par la généralisation de la scolarisation.

■ L’ascenseur social ne fonctionne plus  
«A cause du système éducatif, nous investissons deux fois. D’abord pour la formation du primaire à l’enseignement supérieur. Ensuite, dans la formation pour accompagner les stratégies sectorielles. C’est de cette manière que nous avons réussi à accompagner ces stratégies», souligne Boussaid. Pour lui, le salut est dans la réforme de l’éducation. «Je fais partie d’une génération pour laquelle l’école a été une bouée de sauvetage. Aujourd’hui, cet ascenseur social ne fonctionne presque plus».  L’idéal est de revoir la formation de base tout en anticipant les besoins futurs et en préparant les nouveaux profils pour les métiers d’avenir.

 

 

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