Economie

Environnement: Nezha El Ouafi veut secouer le cocotier

Par Nadia DREF | Edition N°:5192 Le 22/01/2018 | Partager
La bataille axée sur la pollution de l’air, la valorisation des déchets…
26 centres d’enfouissement et de valorisation programmés pour 2018, dont 18 en signature
Dans le pipe: Le renforcement du réseau des observatoires pour améliorer la qualité de l’air

Encore une fois, la secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, Nezha El Ouafi, tire la sonnette d’alarme sur la dégradation de l’environnement et de la qualité de l’air. «Il est anormal que nous nous contentons uniquement de l’enfouissement des déchets qui valent de l’or. Seulement près de 10% des déchets sont valorisés à ce jour. Le reste se perd et pis encore pollue à la fois l’air et la nappe phréatique», fait valoir la ministre Pjdiste.

Une étude de la Banque mondiale, publiée en 2017,  estime à 3,52% du PIB, soit près de 32,5 milliards de DH, le coût de la dégradation de l’environnement au Maroc sans oublier les dégâts causés à la santé de la population favorisant la mortalité des enfants et des personnes âgées.

Cet impact n’est pas bien assimilé par les différents intervenants dont une bonne partie continue, en toute impunité, de polluer l’air, le sol et la mer. Un grand ménage s’impose également dans ce secteur ainsi qu’une large campagne de communication et de sensibilisation pour rééduquer la population et les industriels.

«Prenons l’exemple du pneu usagé, il ne suffit pas de l’enterrer pour le détruire car c’est une bombe à retardement qui pollue l’eau souterraine. Une filière de valorisation des pneus est en cours de mise en place. Les discussions avec les opérateurs sont à un stade avancé.

Notre souhait est d’arriver à instaurer une traçabilité pour chaque unité comme ce qui se fait pour la bonbonne de gaz qui est aussi dangereuse que le pneu», souligne la ministre Nezha El Ouafi, lors d’une journée d’information et de communication organisée au profit de la presse, à Marrakech.

Batteries, plastique, lubrifiants... 8 filières déjà prêtes

Lors de cette rencontre, le département du Développement durable a présenté l’état d’avancement des différents projets du plan d’action 2018-2021 prévus dans le cadre de l’opérationnalisation de la Stratégie nationale du développement durable (SNDD). La valorisation des déchets arrive en tête des priorités.

La feuille de route vise l’identification des gisements du pays et la mise en place de filières de valorisation ainsi que des centres d’enfouissement et de valorisation des déchets (CEV). Actuellement, 8 filières sont prêtes pour le lancement: batteries, carton, plastique, huiles alimentaires, lubrifiants… Le secrétariat d’Etat accompagne également les chiffonniers et les petites entreprises informelles de collecte pour se structurer le plus souvent en GIE.

Pour ce qui est des CEV, il faut savoir qu’entre 2008 et à ce jour, seuls 3 centres existent au Maroc: à Rabat, Fès et Oujda. Pour accélérer la cadence, 26 unités sont programmées pour 2018. Sur ce total, les contrats de 18 CEV sont en cours de signature dont celui de Marrakech qui sera le premier centre de nouvelle génération à voir le jour.

Confié en gestion déléguée à Ecomed, ce CEV devra commencer la valorisation en février 2018. C’est ce qu’a confié Abdelghani Ouchen, chef de la Division Environnement et mise à niveau de l’habitat insalubre à la commune urbaine de Marrakech. Les communes profitent depuis le début de l’année d’un appui technique pour bien ficeler la mise en place du CEV. Trois cabinets ont été retenus par le Secrétariat d’Etat à cet effet: Novec, CID et ADI.

D’ici 2021, 50 centres CEV sont au programme. Ce qui devra créer 1.000 emplois. Ces actions entrent dans le cadre du programme national des déchets ménagers (PNDM). Parmi ses objectifs, développer la filière de «tri-recyclage-valorisation», avec des actions pilotes de tri, pour atteindre un taux de 20% du recyclage et de la valorisation supplémentaire, sous différentes formes, d’au moins 30% des déchets générés à l’horizon 2022.

Au niveau de l’amélioration de la qualité de l’air, un travail colossal reste à faire. «Valeur aujourd’hui, nous ne disposons d’aucune information réelle et fiable sur la qualité de l’air», se désole Nezha El Ouafi. Pour pallier ce déficit, le Secrétariat d’Etat a mis en place un plan d’actions pour renforcer le réseau national en observatoires régionaux de la qualité de l’air pour réduire les substances polluantes émises par les unités industrielles et le transport.

Cette feuille de route a été élaborée en partenariat avec différents départements ministériels et la Fondation Mohammed VI pour l’Environnement. Le plan d’amélioration de la qualité de l’air (Pnaqa) vise à doter toutes les grandes agglomérations de plus de 200.000 habitants des stations fixes de mesure de la qualité de l’air. D’ici 2030, le nombre de ces unités devra passer de 29 à 81 stations.

PNA: Raccordement de 1.200 centres ruraux

Pour l’assainissement liquide, il a été décidé, dès 2018, la fusion de trois programmes, à savoir: le programme national d’assainissement liquide et traitement des eaux usées (PNA), le programme national d’assainissement liquide en milieu rural (PNAR) et le programme national pour la réutilisation des eaux usées traitées. A partir de cette année, 1.200 centres ruraux bénéficieront du service d’assainissement liquide. Jusque-là, le raccordement au réseau d’assainissement liquide a atteint 75%. Par ailleurs, le nombre de stations d’épuration des eaux devra passer de 118 à 200, a précisé Nezha El Ouafi.

 

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