Politique

Sommet UE-UA/Migration: Le Roi plaide pour une nouvelle approche

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5160 Le 04/12/2017 | Partager
Le Roi défend l’adoption d’un nouvel agenda africain pour la migration
La logique d’assistanat européenne doit céder le pas à un partenariat transversal
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Le Maroc applique la politique du «Polisario invisible» annoncé par Nacer Bourita il y a quelque temps. Le représentant de la RASD, Brahim Ghali, se trouvait trois rangs derrière les chefs d’Etat (Ph. AFP)

«Le temps est à l’action». L’appel royal lors du Sommet Union africaine-Union européenne, tenu à Abidjan en Côte d’Ivoire, est sans appel. Pour le Souverain, il ne s’agit nullement de se perdre dans les diagnostics ni dans les polémiques d’arrière-garde. Le Roi Mohammed VI a plaidé en faveur d’un changement de paradigme en matière de gestion du dossier de la migration.

La nouvelle approche défendue par le Souverain est basée sur l’évolution historique de cette question. «Le XXIe siècle sera celui des grands brassages». Un contexte «nous interdit de donner toute tournure idéologique, passionnelle, voire xénophobe aux discours sur la migration».

Le message royal a jeté les bases d’un nouveau mode opératoire pour la prise en charge du défi migratoire. Ce dernier ne doit plus être considéré comme porteur de menaces et de désespoir, mais plutôt comme une source de solutions et d’opportunités. Cette nouvelle conception donnera un nouveau souffle aux efforts de gestion de ce dossier.

L’Union européenne traverse actuellement une véritable crise liée aux difficultés de certains pays membres face aux flux migratoires. Le Souverain a estimé qu’on «serait tenté d’en vouloir aux populations européennes qui appréhendent un tel afflux massif et le ressentent comme une menace». D’autant que la migration est souvent associée aux fléaux de la pauvreté, de la précarité, de l’instabilité… «Cette crainte n’est malheureusement pas toujours infondée. Ne nous voilons pas la face ».

D’où l’importance de la refonte du partenariat entre l’Europe et l’Afrique. Aujourd’hui, «la logique d’assistanat verticale peut à présent céder le pas à un véritable partenariat  transversal», a-t-il expliqué. Concrètement, il s’agit de se diriger vers la mise en place d’un «Pacte bi-continental nouveau».

Celui-ci permettra de déployer un nouveau modèle de partenariat, favorisant la prise en charge des défis liée à la compétitivité partagée, à la colocalisation des entreprises productives, une mobilité humaine régulières… Se prononçant au nom du continent africain, le Roi a été on ne peut plus clair: «Nous pouvons agir. Mais nous ne pouvons pas tout faire, et surtout nous ne pouvons pas le faire seuls».

Pour lui, « la politique européenne en la matière devrait évoluer». En face, les pays africains devront se mobiliser autour d’un nouvel agenda pour la migration. Le Souverain compte formuler des propositions de manière à développer un véritable agenda africain sur la migration. Une note préliminaire a déjà été remise au président de l’UA, Alpha Condé, lors du sommet tenu à Addis Abeba.

Concrètement, cet agenda permettra au continent de «parler d’une seule et même voix» et surtout, «selon notre propre plan de travail». Le Maroc, porte-voix de l’Afrique dans ce dossier, dispose d’une expertise reconnue dans la gouvernance migratoire. La politique de migration, lancée il y a quelques années, a permis d’améliorer la prise en charge des migrants, à travers deux vagues de régularisation.

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