International

Maroc-Amérique latine: «Il faut cesser de se tourner le dos»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5155 Le 24/11/2017 | Partager
Faire de l’Atlantique un espace d’échanges entre les deux continents
Le Brésil, 3e partenaire commercial du Maroc
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Fernando Collor de Mello, ancien président du Brésil, a considéré que l’élection du président américain a «causé un véritable tremblement de terre» (Ph. Bziouat)

Après l’Afrique, le Maroc montre un plus grand appétit pour les pays d’Amérique latine. Des discussions ont été déjà entamées pour mettre en place une zone de libre-échange avec les Etats du Marché commun du Sud (Mercosur).

Pour Fernando Collor de Mello, ancien président du Brésil et actuel sénateur, en visite au Maroc dans le cadre de la session annuelle de l’Académie du Royaume, cet accord favoriserait un plus grand rapprochement entre les deux continents. Mais pour réussir sa mise en œuvre, il faut miser sur «les complémentarités».
- L’Economiste: Quelle est votre évaluation des relations entre le Maroc et les pays d’Amérique latine?
- Fernando Collor de Mello:
Les relations bilatérales sont prépondérantes entre le Maroc et les pays de cette région, particulièrement avec le Brésil. Nous avons beaucoup avancé, grâce à une bonne connaissance, par nos gouvernements, du potentiel du Maroc. Ce que nous voulons actuellement, notamment dans le cadre de la relance des discussions autour de l’accord du Mercosur, c’est de ne pas continuer à se tourner le dos des deux côtés de l’Atlantique. C’est important pour nous que le Maroc soit partenaire dans cet accord des pays du Mercosur.

- Quels sont les leviers qui favoriseraient ce rapprochement?
- Le levier le plus important reste la complémentarité. Le Brésil a beaucoup de choses à offrir dans le cadre d’un accord commercial. Idem pour le Maroc. Cette complémentarité doit être basée sur notre expérience. Il faut rappeler qu’en 2014, le Brésil était le 3e partenaire commercial du Maroc, après l’Espagne et la France.

- Quels sont les comportements adoptés par les pays d’Amérique latine face à la mondialisation?
- La mondialisation touche tous les pays à travers le monde. C’est un fait, il faut que nous nous y adaptions. Pour que nous soyons bien placé, il faut beaucoup investir dans l’éducation, l’accès à la connaissance… L’idée est de préparer les citoyens à faire face aux défis de la mondialisation.

- Quelle est votre lecture des transformations géopolitiques que connaît l’Amérique latine depuis l’élection de Trump à la tête des Etats-Unis?
- L’élection du nouveau président américain a causé, à mon avis, un véritable tremblement de terre. Au début, nous croyons que son discours était réservé à la période électorale et qu’il allait l’adapter à l’ordre mondial après son élection. Le problème c’est que tout ce qu’il a dit, il est en train de le faire. Donc, cette logique de protectionnisme, de construction de barrières qui cimente le discours du président américain va souffler sur les sentiments en progression actuellement, notamment ceux du nationalisme… Mais ce n’est pas ce sentiment qui va agréger le monde et favoriser les valeurs du vivre ensemble.
Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI

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