International

Tunisie, 7 ans après la révolution

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5155 Le 24/11/2017 | Partager
Une ville en grève générale contre la pauvreté
Des ONG dressent l’état des lieux

Une grève générale pour protester contre la pauvreté a été observée en début de semaine à Sejnane, dans le nord de la Tunisie. C’est là où une femme a tenté de s’immoler par le feu après la suppression d’une aide sociale, rapportent les médias étrangers. Sept ans après la révolution, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), une ONG tunisienne, a jugé qu’un réel changement se faisait toujours attendre en termes de droits économiques et sociaux.

En dépit d’avancées démocratiques, «le chômage, la misère et les inégalités sociales et régionales se sont aggravés». Tout en soulignant le risque d’instabilité que cela entraîne. Aussi, le chômage des jeunes reste très élevé, dépassant les 35%, selon l’Organisation internationale du Travail. Le taux de scolarisation a lui régressé à 96%.

Chaque année depuis 2011, 10.000 enfants abandonnent l’école primaire et 100.000 jeunes quittent collège ou lycée sans diplôme, souligne le FTDES, citant des chiffres officiels. L’économie tunisienne a été durement affectée par l’instabilité qui a suivi le soulèvement de décembre 2010-janvier 2011. La croissance devrait se situer entre 2,2 et 2,3% sur l’ensemble de 2017.

«Il s’agit d’un résultat satisfaisant au regard des précédentes années, mais qui reste insuffisant pour assurer la relance de l’économie», a estimé le Premier ministre Youssef Chahed en présentant au Parlement le projet de Budget 2018. Ce taux marque en effet un retour au niveau de 2014, soit avant la série d’attaques terroristes qui avait gravement affecté le secteur du tourisme et par ricochet l’économie dans son ensemble.

La croissance était ensuite tombée à +0,8% en 2015 et +1% en 2016, la Tunisie s’enfonçant dans le marasme économique et social loin des espoirs nés de sa révolution. L’objectif est d’atteindre d’ici 2020 les 5% de croissance, ainsi qu’un déficit budgétaire ne dépassant pas 3% du PIB et un endettement inférieur ou égal à 70%, a ajouté Youssef Chahed.

Présentant le projet de loi de finances 2018, le Premier ministre a par ailleurs répondu aux critiques en assurant que ce texte était «basé sur le principe de justice fiscale». Des mesures ont été prises pour lutter contre l’évasion et la fraude financières et fiscales. Le projet prévoit également la création d’une contribution sociale solidaire imposée aux salariés afin de renflouer les caisses de sécurité sociale.

Ce projet de Budget inquiète l’opinion et a été très critiqué par certains syndicats et économistes qui lui reprochent d’alourdir le fardeau fiscal des salariés. Le texte prévoit notamment une surtaxe sur les boissons alcoolisées ou les produits de beauté. En outre, le taux général de la TVA devrait être relevé et passer selon les produits de 6 à 7%, ou de 18 à 19%. Des mesures visant la promotion de l’investissement et la préservation du pouvoir d’achat sont aussi prévues.

Les réformes préconisées

En 2017, la mise en œuvre de réformes fiscales structurelles dans le cadre du programme FMI, ainsi que la politique d’austérité portée par le ministre Youssef Chahed devraient entraîner une baisse du déficit public, indique Coface dans son appréciation du risque. Parmi les réformes préconisées par le FMI, les autorités devraient poursuivre la modification du service civil visant à alléger la facture liée au paiement des fonctionnaires, ainsi qu’une réforme du système de retraite des agents de la fonction publique. Le gel des embauches au sein de la fonction publique devrait limiter la progression des dépenses courantes à court terme. Les recettes devraient également progresser cette année suite à une  collecte fiscale plus efficiente qui devrait faciliter  la lutte contre l’évasion fiscale. L’impôt sur les sociétés serait, en outre, augmenté.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc