Economie

Marché obligataire: S’il n’y avait pas les banques...

Par Franck FAGNON | Edition N°:5124 Le 11/10/2017 | Partager
Les sociétés non financières peu présentes, et souvent pour des restructurations
Les banques très actives pour piloter leurs fonds propres
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Le marché obligataire souffre de la préférence des entreprises pour le financement par les fonds propres ou le crédit. L’essentiel des levées de fonds est initié par des banques

Le marché obligataire est devenu principalement le lieu de rencontre entre institutions financières et investisseurs. Avec les changements réglementaires, les banques y interviennent fréquemment pour piloter leurs fonds propres et rester dans les clous des exigences de Bank Al-Maghrib en matière de solvabilité. Sur les neuf premiers mois de l’année, quatre établissements ont émis 5,5 milliards de DH d’obligations subordonnées.

Ces titres sont considérés comme des fonds propres de catégorie 2. Les obligations subordonnées perpétuelles, elles, sont inscrites dans les fonds propres additionnels de catégorie 1. Sur l’ensemble de l’année 2016, les banques avaient mobilisé 7,1 milliards de DH. A ce montant s’ajoutent 3 milliards de DH de green bonds.  
La seule constance en revanche est la quasi-absence des entreprises non financières sur ce compartiment du marché financier. La plupart des émissions qu’elles ont initiées sont des opérations de reprofilage de dette. Il y a quelques entreprises qui viennent lever des fonds pour financer leurs investissements notamment l’ONCF ou encore l’OCP, mais en volume ces opérations restent marginales. Déjà la base d’émetteurs est restreinte, ce qui limite le nombre d’interventions sur ce marché.

Le contexte économique joue un rôle important sur la santé des transactions sur le marché obligataire. Cela dit, il souffre encore de la trop forte concurrence du financement en fonds propres et par crédit bancaire. Il faut dire que les autorités de marché ne fournissent pas de grands efforts pour assurer la promotion de cette source de financement auprès des entreprises.

Dans le même temps, son essor nécessite aussi une évolution des habitudes des dirigeants d’entreprises. Bon nombre sont encore réticents aux changements et préfèrent rester sur les modèles classiques. Et c’est encore plus fort dans les entreprises familiales qui représentent l’essentiel du tissu des PME. Cependant, les nouvelles générations de dirigeants sont plus ouvertes à des sources alternatives de financement. Cela peut s’avérer un soutien à la désintermédiation.

 

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