Entreprises

Sonasid s’en sort plutôt bien au premier semestre

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5118 Le 03/10/2017 | Partager
Un contexte marché caractérisé par la hausse du prix du minerai de fer
Les mesures antidumping se généralisent

SONASID a pu assurer une croissance de 7% de son chiffre d’affaires au premier semestre 2017, dans un contexte où la mise en place de mesures antidumping devient la norme à l’international. Les opérations antidumping sur l’acier chinois se multiplient. Le Mexique impose les tubes canalisation sans soudure chinois à 56%, la Tunisie taxe les billettes chinoises à 18%... La majorité des pays protège leur industrie locale.

Cependant, «les mesures prises par le Maroc ne sont pas suffisantes», soutient le management de Sonasid. Les Etats-Unis protègent leur marché en soumettant le CRC chinois à un droit d’entrée de 227,29%. Les performances opérationnelles et financières de Sonasid ont légèrement progressé malgré les difficultés liées aux aléas du marché. En effet, son activité a été marquée par le ralentissement de l’octroi des autorisations de construction et de marché public ainsi que le glissement de la période d’arrêts des chantiers, lié à la fin du mois de Ramadan.

«Le marché de l’acier a baissé de 9%, pareil à la baisse semestrielle enregistrée dans le ciment», explique Amin Abrak. Le groupe a tout de même su tirer son épingle du jeu. Son chiffre d’affaires est passé de 1,56 milliard de DH au premier semestre 2016, à 1,67 milliard de DH. Soit une progression de 7,3%. Fait marquant, Sonasid a réalisé une belle opération à l’export vers les Etats-Unis. L’industriel a livré plus de 20.000 tonnes sur ce marché, «l’équivalent de deux bateaux. Notre fil machine a été bien accueilli», fait valoir Amin Abrak. Paradoxalement, ce produit a des difficultés à trouver des parts sur le marché local.

Contrainte de surcapacité L’industriel a dû faire face à plusieurs contraintes, notamment la hausse du prix du minerai de fer, ce qui a eu un impact sur la compétitivité des produits issus de cet intrant, comparée à ceux issus du recyclage. En effet, le minerai de fer a connu une amélioration de son prix 22 dollars US/tonne comparé au premier semestre 2016. D’un autre côté, le business a bénéficié de la hausse du prix des intrants, notamment de la ferraille, du rond à béton et de la billette dont les prix ont progressé sur le marché international. Le marché local est en surcapacité, dans un contexte où la production mondiale connaît une légère augmentation en termes de volume, notamment en Asie.

Au Maroc, la capacité de production des industriels, tous opérateurs confondus, avoisine le triple de la demande du marché. Celle-ci est estimée à 1,3 million de tonnes/an. A cela s’ajoute une baisse du volume de la demande. Par ailleurs, Sonasid risque de devoir faire face à la concurrence algérienne. En effet, l’Algérie met en place des capacités de production importantes, ce qui réduit considérablement le chiffre d’affaires à l’export des grands exportateurs (Chine, Turquie…).

Au premier semestre, l’Algérie n’a importé que 0,2 tonne de rond à béton et pas de fil machine, ce qui représente une baisse de ses importations de 90% comparé au premier semestre 2016. «D’ici probablement la fin de l’année prochaine, l’Algérie n’importera pratiquement plus de produits à base d’acier et pourrait même être exportateur, avec des niveaux de prix plus compétitifs», révèle Abrak.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc