Analyse

Filière oléicole: Un secteur sous haute surveillance

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5110 Le 20/09/2017 | Partager
A l’étranger, face à la bactérie “xylella fastidiosa”, détectée en Italie
Et au Maroc, avec l’encadrement des unités de production
Résultat: depuis 3 ans, l’huile d’olive nationale monte en grade
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La xylella fastidiosa, bactérie mortelle pour les oliviers, est dans le collimateur de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (Onssa). Détectée en Espagne et en Italie, elle met en péril  près de la moitié de l’huile d’olive mondiale. Un plan d’urgence a été mis en place pour protéger les productions marocaines (Ph. VLC)

Elle s’appelle “xylella fastidiosa”. Cette bactérie mortelle pour les oliviers est dans le collimateur de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (Onssa). Elle a été détectée en Italie, foyer de l’épidémie, et c’est la première fois qu’elle est identifiée sur la péninsule Ibérique. Le risque pour la Botte est de mettre en péril les quelque 340 millions de ses oliviers, qui fournissent près de la moitié de l’huile d’olive mondiale.

En bon voisin et partenaire, un plan d’urgence a donc été mis en place pour protéger les productions marocaines. Le chef de service du contrôle et de la production des végétaux d'El Kelaâ des Sraghna, Abdelkader Ibnelazyz, confirme que «cette bactérie n’a pas été détectée au Maroc, mais nous avons immédiatement pris toutes les mesures pour limiter ses conditions de développement.

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Face à une demande mondiale croissante en olives et leurs dérivés, la filière oléicole a bénéficié d’une forte dynamique dans le cadre du plan de développement du secteur agricole, en particulier depuis le lancement du Plan Maroc Vert. L’année 2016 a connu l’atteinte de l’objectif d’1 million d’ha. Chaque année, 33.370 ha d’oliviers sont plantés

Toute importation de matériel végétal depuis l’Italie est sous haute surveillance». C’est d’ailleurs l’un des axes d’action de l’Onssa, qui intervient sur toute la filière, de l’agrément des plants à la mise en commercialisation de l’olive et de l’huile. «Il s’agit d’assurer la conformité phytosanitaire des productions pour mettre à la disposition des agriculteurs des plants sains et authentiques», explique-t-il. Si la surveillance se fait hors des frontières, elle est tout autant active sur le territoire.

Par le biais de la loi relative à la sécurité sanitaire, tous les établissements de production, quelle qu’elle soit, sont obligés d’être agréés (quand il y a à la fois les bonnes pratiques d’hygiène et le traitement thermique du produit) ou autorisés (quand seules sont exigées les bonnes pratiques d’hygiène). Dans la région, une vingtaine d’unités ont reçu l’autorisation de l’Onsaa. «Ce qui est minime par rapport au potentiel», avoue Ibnelazyz.

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Le Maroc s’est imposé au niveau international comme étant l’une des sources les plus importantes et les plus qualitatives en conserves d’olives, occupant le 6e rang des exportateurs internationaux. Pour l’huile d’olive, quelques belles années ont été enregistrées

Puisque aucune exportation ne peut se faire sans l’autorisation sanitaire de l’Office, les quantités exportées dans la région sont de 45.000 tonnes d’olives de table (62% des exportations nationales) et 2.000 tonnes d’huile d’olive (10% des exportations nationales). Du coup, l’Onssa travaille pleinement à accompagner les petites structures pour les sortir de l’informel et leur donner les clés d’une production saine. Une mise à niveau pour décrocher cette fameuse autorisation sanitaire, et ainsi faire partie de la ronde des exportateurs. La bonne nouvelle est que l’huile d’olive nationale monte en puissance depuis 3 ans au sein du jury régional de dégustation, reconnu par le Conseil oléicole international (COI).

«Même si le chemin est encore long, développe le chef de service provincial, une nette amélioration de la qualité de ce que nous produisons est révélée. Il y a encore 3 ans, aucun établissement n’était autorisé dans la région. Nous sommes donc partis de zéro pour avoir de premiers résultats rapides». Et ce, grâce à la stratégie de sensibilisation des producteurs, mais aussi grâce à une autre des casquettes de l’INRA, celle de la répression. En effet, les établissements exportateurs non autorisés ont été contraints de fermer leurs portes, ce qui a considérablement nettoyer le secteur.

 

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