Dossier Spécial

La cote des FST et des ENSA remonte

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5106 Le 14/09/2017 | Partager
Les écosystèmes industriels ont servi de locomotive
Des taux d’insertion très élevés
«L’égalitarisme budgétaire» menace les bons du système
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Près du tiers des diplômés ingénieurs au Maroc, soit environ 2.179 lauréats, sont issus du réseau des ENSA-FST. (Ces chiffres n’incluent pas les lauréats des FST de Béni Mellal et d’Al Hoceïma). Les ENSA de Tétouan et d’Al Hoceïma sont celles qui comptent le plus de diplômés (respectivement 192 et 191). Du côté des FST, celles de Fès (130) et de Settat (127) se classent premières en effectifs

Les Facultés des sciences et techniques (FST) et les Ecoles nationales des sciences appliquées (ENSA) sont plus jeunes, mais n’en sont pas moins prisées par les employeurs. «Ces établissements produisent aujourd’hui des profils appréciés par les entreprises», assure Khadija Boughaba, DG du cabinet Invest RH.

Certaines, de par leur proximité avec des écosystèmes industriels, ont pris leur envol. A l’instar de la FST de Tanger, à proximité de l’usine Renault et d’industries aéronautiques et électroniques. Ou encore, de l’ENSA de Kénitra, non loin de Tanger Free Zone, et d’un tissu de constructeurs automobiles qui se renforcera davantage avec la future usine PSA. «Notre objectif est de nous positionner en locomotives de nos régions respectives», relève Mohammed Addou, doyen de la FST de Tanger.

En termes d’offres de formation, les ENSA/FST, que l’ancien ministre Lahcen Daoudi souhaitait fusionner avec les Ecoles supérieures de technologie (EST) pour en faire 15 écoles polytechniques, ont peu à peu réduit l’écart qui les séparait des écoles historiques. Génie industriel et logistique, génie civil, mécanique, mécatronique, environnement, informatique, réseaux et télécoms… A la FST de Tanger, le taux d’insertion des lauréats approcherait 80% à un an après la diplomation.

«Pour le génie industriel, le taux est de 100%», avance son doyen. «Plus de 70% des lauréats trouvent un emploi à 3 mois de la sortie d’école. En un an, 100% sont insérés», revendique, pour sa part, Nabil Hmina, directeur de l’ENSA Kénitra. Des données difficiles à recouper.

Plusieurs de ces établissements tentent de tisser des liens plus solides avec les industriels, en les faisant participer à la conception de modules, aux stages, projets de fin d’études et séminaires et vacations. «Cela dit, nous ne disposons pas de suffisamment de moyens pour engager des vacataires. Nous visons à ce que 20% de la charge horaire soit assurée par des professionnels, mais nous n’en sommes qu’à 12 ou 13%», regrette Hmina.

«Le manque de moyens est également un frein pour l’innovation en matière de formation. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons que le ministère de l’Industrie participe lui aussi au financement de filières», souligne le directeur de la FST de Tanger. Hormis la faiblesse des moyens, ces établissements souffrent du déficit d’enseignants ingénieurs. Ils accusent, en outre, un retard en soft-skills, à l’instar de l’ensemble du système public.

Les ENSA-FST développent, en parallèle, des partenariats avec des écoles et universités étrangères (européennes, asiatiques, américaines…), avec la possibilité d’une double diplomation, et des échanges d’étudiants. Par exemple, à la FST de Tanger, chaque année une centaine d’étudiants bénéficient d’une mobilité à l’international, contre une cinquantaine pour l’ENSA de Kénitra.

Une réelle dynamique semble être enclenchée. Néanmoins, tous les établissements ne se valent pas. Ceux implantés à proximité des tissus industriels s’en sortent mieux que les autres.

Des classes prépas intégrées

C’est à partir de 1995 que le ministère de l’Enseignement supérieur a commencé à créer des Facultés des sciences et techniques (FST). Il en existe aujourd’hui 8 dans 8 villes. «L’objectif au départ était d’assurer la formation de techniciens spécialisés, d’ingénieurs d’application, en bac+4, et d’ingénieurs d’Etat, en bac+5», explique Mohammed Addou, doyen de la FST de Tanger. Les FST, qui intègrent 2 années de classes prépas, offrent à la fois des DUT (Diplôme universitaire de technologie, bac+2), des licences et masters en sciences et techniques, en plus du cycle ingénieur. Contrairement aux autres facultés publiques, l’accès aux FST est conditionné par une sélection sur la base de la note. «Chaque établissement dispose d’une plateforme où il est possible de candidater. Les bacheliers sont classés selon leurs notes. Nous prenons 1.000 parmi les meilleurs tous les ans», explique Addou. Le cycle ingénieur, lui, est conditionné par un concours. Il est accessible aux lauréats des classes prépas, ainsi qu’aux licenciés les plus méritants.
Les Ecoles nationales des sciences appliquées (ENSA) ont suivi en 1999. Elles aussi intègrent les deux ans de classes prépas. L’accès y est soumis à un concours national écrit, ouvert aux bacheliers disposant de mentions Bien ou Très bien. Contrairement aux FST, ces écoles se concentrent sur le cycle ingénieur (avec la possibilité de quelques masters). «Généralement, le réseau des 11 ENSA reçoit 50.000 candidatures par an, dont 18.000 sont retenues pour passer le concours», précise Nabil Hmina directeur de l’ENSA Kénitra. Le réseau accueille près de 11.000 étudiants (1.000 à 1.250 par école).

 

 

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