Economie

Convergence des politiques publiques: Rien de concret pour l’instant

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5079 Le 03/08/2017 | Partager
Les mesures proposées par El Othmani encore au stade de préparation
Le décret relatif à la commission interministérielle bientôt soumis à l’approbation
Une Charte de déconcentration pour une meilleure coordination au niveau local
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Saâdeddine El Othmani n’a pas réussi à convaincre les membres de la Chambre des conseillers, dominée par les groupes de l’opposition. Surtout en évitant de s’engager sur un calendrier précis de mise en œuvre des outils garantissant une meilleure convergence des politiques publiques, qui constitue un dossier urgent, à cause des déperditions causées par la faible coordination des interventions (Ph. Bziouat)

«Le renforcement de la convergence des politiques publiques est indispensable pour assurer de meilleurs rendements économiques et un plus grand impact sur les citoyens». Un slogan galvaudé, repris en boucle par plusieurs ministres durant les dernières années. Saâdeddine El Othmani, qui a été interpellé par les groupes de la Chambre des conseillers sur cette question, n’a pas réussi à convaincre.

Concrètement, rien n’a été encore fait dans ce domaine. Les annonces faites concernent des mesures qui seront lancées prochainement. Le Chef de gouvernement a évité de s’engager sur un calendrier de mise en œuvre. Pourtant, il s’agit d’un dossier urgent, vu l’impact du manque de cohérence des politiques publiques en termes de faiblesse du rendement des investissements publics et la perte de points de croissance annuellement, de l’avis même d’El Othmani.

Pour inverser la tendance, le Chef de gouvernement a promis de mettre en place un mécanisme de gouvernance pour assurer la convergence de l’intervention des différents départements. Cela concerne d’abord le renforcement de la coordination au niveau central. Une commission interministérielle sera mise en place. Elle sera rattachée à la primature.

Le projet de décret relatif à cette instance est prêt et devra être bientôt approuvé, selon El Othmani. Parallèlement, un comité technique qui se chargera de préparer les travaux de cette commission et fera le suivi de l’exécution de ses décisions sera bientôt installé. Un système d’information unifié, permettant de faire le suivi et l’évaluation des stratégies sectorielles est en cours de préparation au niveau du ministère des Affaires générales. Le Chef de gouvernement a également promis de garantir une plus grande cohérence des actions des départements sectoriels et des établissements publics via l’instauration d’une nouvelle approche basée sur la contractualisation de leurs relations.

Le gouvernement veut aussi assurer une plus grande coordination des interventions au niveau local. Cela devra passer par le déploiement de nouveaux mécanismes dans le cadre du processus de déconcentration, a souligné El Othmani. Il a annoncé que son équipe est en cours de finalisation de la charte de déconcentration. Celle-ci devra permettre l’introduction de la logique de contractualisation entre les services centraux et les démembrements déconcentrés de l’Etat. D’autant que «la nouvelle organisation permettra de regrouper les administrations territoriales sous formes de pôles, favorisant une meilleure coordination des interventions», est-il indiqué.

Pour le Chef de gouvernement, les dispositions de la loi organique des finances s’inscrivent également dans cette logique. Cela concerne notamment l’adoption de la programmation pluriannuelle pour les budgets mobilisés pour la réalisation des stratégies sectorielles. Parallèlement, la LOF a permis d’introduire de nouveaux indicateurs axés sur l’efficacité et la qualité des services au lieu des moyens et des activités.

MRE: L’essentiel des investissements dans l’immobilier

Les transferts des MRE continuent de progresser depuis deux décennies. Leur niveau est passé de 20 milliards de DH en 1990 à 62,2 milliards de DH cette année. C’est ce qu’a annoncé Saâdeddine El Othmani, devant les membres de la Chambre des conseillers, mardi dernier. Il a déploré qu’une petite part de ces fonds est mobilisée pour l’investissement au Maroc. Plus de 41% des montants sont investis dans l’immobilier et seuls 14% sont injectés pour la réalisation de projets économiques productifs, a fait savoir le Chef de gouvernement. Il a rappelé la mise en place d’un Fonds d’investissement pour les Marocains du monde (MDM Invest), géré par la Caisse centrale de garantie. Ce Fonds offre un appui aux MRE pour la réalisation de projets au Maroc, dans les secteurs de l’industrie, les services, l’hôtellerie… Les projets éligibles doivent nécessiter un budget dépassant un million de DH, avec un apport de l’investisseur MRE qui couvre au moins 25% du coût du projet.

 

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