Entreprises

Le Maroc tient sa première ville industrielle

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5075 Le 28/07/2017 | Partager
11 milliards de dollars, 300.000 emplois: Le plus gros programme jamais réalisé
Elalamy: «Le changement de modèle de développement de la Chine nous ouvre des opportunités»
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Maquette de la Cité Mohammed VI Tanger Tech. Ce gigantesque projet sera bâti sur 2.000 ha. Il sera réalisé en 3 phases, avec des composantes respectives de 500 ha, 700 et 800 ha (Source BMCE Bank of Africa)

LORS d’une rencontre exceptionnelle jeudi 27 juillet au QG de son groupe, le président de BMCE Bank of Africa (qui peut tout aussi s’appeler pour l’occasion, BMCE Bank of China) a confirmé la réalisation de ce qui va être la première cité industrielle au Maroc «Cité Mohammed VI Tanger Tech». Othman Benjelloun a au passage tordu le cou aux fake news qui avaient pollué le web ces dernières semaines. 
Devant le senior management de la banque, le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, le président de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Ilyas El Omary et des administrateurs du partenaire chinois, le groupe Haite, le président de BMCE Bank of Africa : «Je suis fier que votre présence à cet événement vienne démontrer que lorsqu’il s’agit de l’intérêt majeur de notre pays, pour les grandes réalisations qu’il effectue ou qu’il s’apprête à faire, il n’y a plus de frontières entre entités publiques et privées, entre entités nationales et locales». 
A l’origine, le projet a démarré sur une initiative privée. Ensuite, l’ambassade de Chine au Maroc, les gouvernements chinois et marocain y ont été impliqués. Le projet attire de grands groupes. «Plusieurs opérateurs internationaux souhaitent s’implanter dans la zone; pas un seul jour ne passe sans que je ne reçoive des propositions de groupes chinois dans divers secteurs», révèle Othman Benjelloun. 
Pour l’heure, le projet est porté par deux investisseurs de référence: Haite Group, chef de file d’un pool d’investisseurs chinois et BMCE Bank of Africa, chef de file d’un pool d’investisseurs marocains. Sur 11 milliards de dollars d’investissement prévus, 1 milliard  sera affecté aux investissements en construction, 10 aux investissements industriels. «Nous avons l’intention de ramener plusieurs projets vers le Maroc. Nous assurerons aussi la sélection des industriels chinois intéressés par un déploiement vers le Maroc. Nous travaillons actuellement sur un plan d’action», fait savoir le représentant du groupe Haite. 
 Lancée en mars dernier, sous la présidence du Roi Mohammed VI, la cité abritera près de 300.000 personnes. En vitesse de croisière, elle générera 100.000 emplois et plus de 11 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Deux premières tranches de 1.200 hectares ont été délimitées. Une première tranche de 500 hectares et une extension de 700 hectares. Une troisième tranche de 800 hectares est en cours de finalisation de délimitation.
En 2014, les dirigeants du groupe Haite, le ministre de l’Industrie et le président de BMCE Bank of Africa se sont rencontrés pour une première fois en Chine. Plusieurs pistes et projets avaient alors été étudiés. Les demandes du Maroc portaient sur la mise en place des activités et le développement en parallèle des infrastructures et logements. C’est l’option d’une cité industrielle développée autour de 10 secteurs d’activité qui a été retenue: aéronautique, automobile, e-commerce, télécommunications, équipements pour les énergies renouvelables, équipements de transport, production électroménager et quincaillerie, fabrication d’équipements pharmaceutiques, production de matériaux et agro-alimentaire.
Ce partenariat public-privé est matérialisé par la création d’une holding ayant pour principale mission de réaliser tous les investissements selon les termes de la convention de mise en valeur. La holding aura deux filiales. Une première en charge de l’aménagement de la zone industrielle. Une seconde, en charge de l’aménagement de la zone résidentielle et commerciale. La région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma sera dans le tour de table de la holding avec une participation de 5%.

«Ne dites plus zone industrielle»

LE Maroc a décidé de changer sa politique d’aménagement des zones industrielles. Il s’inspire de l’expérience chinoise pour la concrétiser et tire surtout les leçons de «défauts» de conception de ses zones industrielles. Prenez la zone industrielle de Kénitra. Implantée sur environ 400 hectares, l’éloignement de la ville lui a coûté d’être presque un désert pendant environ 5 ans. Problème? Le transport aurait nécessité en moyenne 70 DH/jour aux travailleurs. 
 La transformation de la Chine crée des opportunités dans le reste du monde y compris le Maroc. Actuellement, le pays déplace environ 85 millions d’emplois vers l’extérieur. Il y a une volonté des industriels chinois de rechercher d’autres plateformes pour retrouver une compétitivité et garder leur portefeuille clientèle.

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