Entreprises

La finance participative pour les nuls

Par Franck FAGNON | Edition N°:5075 Le 28/07/2017 | Partager
Les banquiers vont faire de la vulgarisation d’abord
Dar Assafa et Umnia Bank déballent leurs premiers produits
Une offre basique pour l’instant en attendant mieux
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Bank Assafa et Umnia Bank sont, sans surprise, les premières à démarrer leurs activités. Elles proposeront dans un premier temps une offre d’ouverture de compte et les services qui y sont adossés (Ph. Fadwa Al Nasser & Jarfi)

L’attente fut longue! Les banques participatives ont enfin démarré leurs activités. Le visa du Conseil supérieur des Oulémas (CSO) pour la convention d’ouverture de compte et le contrat Mourabaha ouvre la porte à la commercialisation des premiers produits. «Le chantier a pris plus de temps que prévu, signe de la volonté de construire quelque chose de bien. En même temps, l’on a peut-être sous-estimé l’ampleur du chantier, d’où le retard», analyse un expert. 
Bank Assafa et Umnia Bank, qui occupent le devant de la scène ces derniers mois, sont, sans surprise, les premières à se lancer. La filiale d’Attijariwafa bank va déployer son offre dans 21 agences. Elle capitalise sur son ancien réseau, ce qui lui confère un avantage non négligeable par rapport à la concurrence. L’opérateur couvre actuellement une quinzaine de villes. Umnia Bank, elle, a démarré avec 3 agences. Le réseau atteindrait 20 points de vente à l’issue de la première année selon le plan stratégique de la banque.

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Les autres acteurs vont rapidement leur emboîter le pas. Bank Al Yousr, la filiale commune du groupe BP et de Guidance Financial, démarrera dans les prochains jours, indique le management. Même discours chez BMCI qui proposera des produits participatifs sous le label «Najmah». Quant à Crédit du Maroc qui a sollicité un agrément pour une fenêtre participative, il prévoit le déploiement de son offre en octobre. Tout comme Al Akhdar Bank, la filiale de Crédit Agricole Maroc et ICD.  
Les banques vont proposer dans un premier temps des produits basiques comme l’ouverture de compte et les services qui y sont adossés. Elles vont donc principalement collecter de l’épargne les premiers mois d’activité et proposer des services de change. L’écosystème (fiscalité, takaful, sukuk, mécanismes de refinancement...) est toujours en cours de construction pour favoriser notamment la distribution de crédit et plus globalement le développement de la gamme de produits. Certains acteurs attendent des avancées sur le plan réglementaire et de la mise en place de l’écosystème pour démarrer. L’idée étant de pouvoir répondre le plus possible aux attentes des clients en proposant des produits d’épargne ou encore du crédit. Toutefois, l’ouverture des premiers guichets va permettre de sensibiliser la clientèle et de vulgariser les mécanismes de la finance participative. Leur méconnaissance crée beaucoup d’amalgames aujourd’hui.  
L’essor de cette nouvelle industrie dépendra du degré d’engagement des acteurs. La finance participative pourrait représenter jusqu’à 15% des actifs bancaires selon certaines prévisions. Les acteurs disposent d’une opportunité d’être plus innovants et de renforcer la relation banque/client. 
Avec le démarrage des banques participatives, il faudra surveiller la mobilité des clients. Environ 1 million de clients changent de banque chaque année. Au-delà des populations non bancarisées, les établissements participatifs vont recruter chez les banques classiques également. Aujourd’hui, le dispositif de mobilité bancaire facilite la migration. Reste à voir quelle sera l’ampleur du mouvement.  «Il y aura des déplacements, mais ils ne sont pas en mesure de perturber les banques conventionnelles», tempèrent les experts.

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