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International

Crise du Golfe: Erdogan poursuit son rôle de médiateur

Par Nadia DREF | Edition N°:5071 Le 24/07/2017 | Partager
Il a entamé une tournée en Arabie saoudite, au Koweït et au Qatar
Le président turc met en garde contre de nouvelles divisions dans la région

La crise du Golfe, qui perdure depuis près d’un mois et demi, plonge la région dans l’instabilité. Pour essayer d’apaiser les tensions, le président turc Recep Tayyip Erdogan poursuit son rôle de médiateur. Il s’est rendu hier dimanche à Riyad pour rencontrer le monarque saoudien avant de se déplacer au Koweït et se rendre ce lundi au Qatar. Avant son départ en tournée, le président turc a estimé qu’une extension de la crise du Golfe n’était «dans l’intérêt de personne». «Le monde musulman a besoin de coopération et de solidarité, pas de nouvelles divisions», a-t-il déclaré.  
Le président turc a également indiqué qu’il soutenait la médiation de l’émir de Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, appelant les autres pays de la région et la communauté internationale à apporter un «soutien fort» aux efforts de son «frère». 
Depuis le début de la crise, Ankara tente de jouer un rôle de médiateur entre les différentes parties, mais sa prise de position sans ambiguïté en faveur du Qatar a réduit sa marge de manœuvre, estiment nombre d’analystes. La Turquie est un proche allié du Qatar, avec lequel les relations se sont fortement développées ces dernières années, sur les plans économique, diplomatique et sécuritaire. Ankara dispose ainsi d’une base militaire dans l’émirat gazier. Mais la Turquie entretient parallèlement de bons rapports avec l’Arabie saoudite. Recep Tayyip Erdogan a d’ailleurs souligné, samedi dernier, que le roi d’Arabie saoudite, Salmane, avait un «important rôle» à jouer en tant que «doyen de la région». De son côté, l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a appelé à un dialogue dans un discours télévisé, diffusé vendredi dernier, soit le premier depuis le début de la crise. Il a déclaré qu’un règlement de cette dernière devrait se faire «dans le respect de la souveraineté» de son pays et sans «diktats». Dans une première réaction officielle au discours, le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, a jugé samedi que l’émir du Qatar aurait dû annoncer dans son allocution «une révision» de la politique de Doha. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu le 5 juin avec le Qatar, qu’ils accusent de soutenir «le terrorisme» et de se rapprocher de l’Iran. Ces pays ont imposé de sévères sanctions économiques à ce riche petit émirat gazier. Pour revenir sur ces sanctions, ils ont exigé le 22 juin la satisfaction de 13 demandes, dont la fermeture de la télévision Al-Jazeera et d’une base turque, ainsi qu’une révision des liens avec l’Iran. Doha a rejeté en bloc ces demandes, estimant qu’elles violaient sa souveraineté.

La tension monte entre Ankara et Berlin 

SUR un autre registre, le président turc a adressé un carton jaune à l’Allemagne. «Personne n’a le droit de se mêler des affaires intérieures de la Turquie», a déclaré Erdogan lors d’une conférence de presse à Istanbul, visant les récentes critiques allemandes sur la situation des droits de l’Homme en Turquie. Berlin, excédé par l’interpellation à Istanbul de défenseurs des droits de l’Homme, dont un Allemand, avait annoncé, jeudi dernier, une «réorientation» de sa politique vis-à-vis de la Turquie avec des mesures qui risquent de pénaliser économiquement son partenaire historique. «Nous ne pouvons pas accepter ce qui se passe en Turquie», a tonné le président allemand Frank-Walter Steinmeier lors d’un entretien à la chaîne publique ZDF diffusé hier dimanche. «Il n’y a ni enquête, ni examen visant les entreprises allemandes qui sont présentes en Turquie. Ce sont des informations mensongères, erronées, des affabulations. Il n’y a rien de tel», a encore assuré Erdogan.

 

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