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Enquête ReKrute.com: Bac+5: Un premier salaire très bas

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5067 Le 18/07/2017 | Partager
Diplôme ou pas, c’est l’expérience qui compte
Les ingénieurs restent les mieux payés
22% des jeunes cadres sont au chômage!
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Commencer sa carrière avec un salaire inférieur à 4.000 DH… Pas très gratifiant pour un lauréat d’un bac+4 ou bac+5. Seuls 7% réussissent à décrocher une rémunération de 10.000 DH et plus. Mais sur le marché du travail, c’est l’expérience que les employeurs valorisent le plus 

Le premier job des jeunes cadres fraîchement diplômés, lauréats d’un bac+4 ou bac+5, ne correspond que rarement à leurs aspirations. Le salaire, encore moins. Selon l’enquête de Rekrute.com (voir article page IV), le tiers a perçu un premier salaire inférieur à 4.000 DH. Seuls 7% ont réussi à décrocher plus de 10.000 DH par mois (voir illustration). Cela prouve, encore une fois, que sur le marché du travail, c’est l’expérience et l’employabilité qui l’emporte aux yeux des employeurs, et non le diplôme en lui-même. Sans compter que la demande d’emploi dépasse largement l’offre, ce qui mène automatiquement à un nivellement vers le bas des rétributions.  Les lauréats des écoles d’ingénieurs restent les mieux payés. La majorité a touché une première rémunération mensuelle comprise entre 8.000 et 10.000 DH, contre 6.000 à 8.000 DH pour les diplômés des écoles de commerce et 4.000 (voire moins) à 6.000 DH pour ceux des facultés publiques. Quand les jeunes diplômés cumulent un minimum d’expérience, la part de ceux recevant un salaire inférieur à 4.000 DH chute à 13%. La part de ceux empochant 10.000 DH et plus, quant à elle, monte à 22%. 
Néanmoins, même si le salaire offert n’est pas fameux, le poste décroché est souvent stable. Les trois quarts bénéficient d’un CDI. Mais les jeunes, eux, sont nombreux à choisir de changer rapidement d’employeur. Seule la moitié des sondés garde toujours son premier emploi. Et parmi ceux en exercice actuellement, uniquement 23% gardent leur premier poste depuis plus de deux ans. 
L’informatique & électronique est la fonction qui leur est le plus proposée, suivie de la production/ qualité/ maintenance et le commerce/vente/export. Les jeunes diplômés des écoles d’ingénieurs et de commerce semblent bien informés par rapport à ce que demandent les entreprises. Globalement, ils postulent pour les mêmes fonctions recherchées par les employeurs. Ils appréhendent, également, les secteurs qui recrutent le plus.  
Généralement, les lauréats des écoles d’ingénieurs et de commerce décrochent rapidement un premier job (voir article page IV). Toutefois, ils ne sont pas ensuite épargnés par le chômage. L’enquête de Rekrute.com, réalisée en juin dernier auprès de 2.719 diplômés, dont une majorité de diplômés d’écoles d’ingénieurs et de commerce et de lauréats de masters (93%), a révélé que 22% ne sont pas en poste. Une part très élevée. «C’est un taux très important pour des jeunes qui viennent d’intégrer la vie active, mais il reste plausible si l’on considère tous les types de diplômes, indépendamment des spécialités», pense Amine Zniber, directeur régional de l’école internationale de formation des ingénieurs informatiques, Supinfo. Il s’agit d’une question de conjoncture, d’employabilité, mais aussi d’adéquation des diplômes avec les besoins du marché. «La réalité est là, beaucoup d’écoles continuent de former pour des secteurs aujourd’hui saturés. Il est essentiel de coller aux besoins des entreprises et d’oser fermer les filières qui ne marchent pas, car ce sont au final les lauréats qui en paient le prix», pense Hicham Medromi, directeur de l’Ecole nationale supérieure d’électricité et de mécanique (ENSEM). «Il est important de disposer d’une carte des besoins en métiers au niveau national, à court, moyen et long terme, et de se donner les moyens d’adapter nos formations en permanence» poursuit-il. Ceci est d’autant plus important à l’heure où la technologie progresse à toute vitesse, menaçant de nombreux métiers.

Seulement 1% n’ont jamais effectué de stage

LES bac+4 et bac+5 semblent plutôt familiarisés avec le monde de l’entreprise. Dans l’échantillon de l’enquête du jobboard, le tiers des sondés n’a encore aucune expérience professionnelle, uniquement 14% cumulent plus de 3 ans de carrière, mais la quasi-totalité ont déjà effectué des stages. Seuls 1% n’en ont jamais passé. Plus de la moitié (55%) en ont même effectué 4 ou plus. Les stages sont désormais généralisés dans les parcours proposés par les écoles supérieures. Les jeunes, aussi, ont compris qu’ils ont intérêt à intégrer des stages dans leur CV, afin de maximiser leurs chances d’être embauchés.

 


L’informatique, secteur star du moment

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Avec la digitalisation accrue, l’informatique fait aujourd’hui partie des secteurs qui recrutent le plus. Pour la catégorie des ingénieurs, c’est  carrément le rush d’offres d’emploi, notamment en provenance de l’international. Les entreprises nationales crient même au déficit d’ingénieurs informatiques (voir L’Economiste N°5053 du 28 juin 2017). L’enquête de Rekrute.com le confirme, l’informatique se classe en tête des secteurs qui emploient le plus de bac+4 et de bac+5. «Les développeurs sous Java et .net, chefs de projets et experts de sécurité informatique font partie des plus demandés», avait précisé à L’Economiste, la présidente de la Fédération marocaine des TI, des télécoms et de l’offshoring (Apebi), Saloua Karkri Belkeziz. Le secteur de la banque et de la finance continue de figurer parmi les plus gros employeurs. Il se place deuxième, ex-aequo avec le BTP & génie civil. «Il est vrai que l’immobilier est en recul au Maroc, mais il existe pas mal de marchés publics et de chantiers structurants, y compris en Afrique subsaharienne», explique Hicham Medromi, directeur de l’Ecole nationale supérieure d’électricité et de mécanique (l’ENSEM).
Sans surprise, l’automobile figure aussi parmi les secteurs qui offrent le plus de postes à pourvoir. Très dynamique à l’export, l’automobile continuera à recruter en masse. Le Maroc vise l’exportation d’un million de véhicules par an à l’horizon 2020, pour un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards de DH.  
L’agroalimentaire est également friand de jeunes cadres. «Génie industriel, production, logistique… le secteur est demandeur de plusieurs types de spécialités», relève Medromi. D’autres branches, comme l’aéronautique, la comptabilité & audit et le conseil sont, également, porteuses d’opportunités pour les jeunes diplômés.

 

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