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Entreprises

Chimie/Parachimie: Les industriels piégés par l’urbanisation

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5066 Le 17/07/2017 | Partager
Gel de projets de développement et d’extension
La zone industrielle de Jorf Lasfar seule alternative
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 La Fédération de la chimie et de la parachimie a tenu son 15e workshop à Casablanca. Les problématiques de la réglementation des établissements classés et terrains industriels ont été le centre des échanges (Ph. F.C.)

La proximité entre industriels et populations environnantes fait grincer des dents. A l’origine du problème, une décision de la direction générale des travaux publics. «Celle-ci autorise 400 entreprises à exercer. Tandis que près de 95% se retrouvent dans l’illégalité et n’ont pas droit aux autorisations pour procéder à des transformations ou extensions (celles  existantes déjà dans les zones d’habitation)», révèle Siham Ammar, experte-consultante auprès de la Fédération de chimie et parachimie.
Pour la plupart des industriels, ce problème ne se posait pas lorsqu’ils s’implantaient. Mais avec l’explosion urbanistique, ils se sont retrouvés du jour au lendemain en zone habitable. Plusieurs industriels désirent régulariser leur situation, cependant, ils n’ont pas d’autre choix que la zone industrielle de Jorf Lasfar (350 hectares environ), avec les contraintes logistiques associées. En effet, Jorf Lasfar est pour l’heure la seule zone industrielle de première catégorie (correspondante aux activités classées «dangereuses»). Situé à 120 km au sud-ouest de Casablanca, le parc est réservé aux grandes industries et PME dans les secteurs de la chimie-parachimie, la métallurgie et l’énergie. Les freins à la relocalisation sont nombreux: perte de savoir-faire ou même de capacité de production, difficulté à convaincre le personnel à suivre... 
Pour combler le déficit du foncier, du renfort pourrait venir du programme Millennium Challenge Corporation compact 2 (MCC). L’initiative étudie 3 projets: un portant sur la revitalisation et l’extension de la zone industrielle de Had Soualem, un à Sahel Lakhyayta (non loin de Had Soualem) et un 3e à Bouznika. Les trois projets totalisent une superficie d’environ 168 hectares. Cependant, «la vocation de ces sites n’a pas encore été décidée», révèle Watika El Khalfi, directrice des infrastructures industrielles au ministère de l’Industrie.
Par ailleurs, les professionnels critiquent la loi portant réglementation des établissements insalubres, incommodes ou dangereux, qu’ils jugent obsolète. «Elle date de plus d’un siècle», tempête un opérateur, précisément du 25 août 1914. Cette loi classe les industriels en trois catégories suivant la nature des opérations ou les externalités qu’ils génèrent (sécurité, salubrité ou commodité publiques). 
Dans la première catégorie se trouvent les activités classées «dangereuses» ou celles manipulant des substances à haut risque (hydrocarbure, butane, propane…) en quantités importantes. Vu son coût, peu d’industriels peuvent se permettre de s’alimenter en énergie électrique. La majorité utilise le gaz de pétrole liquéfié, le butane ou le propane... pour faire fonctionner leurs unités, ce qui les classe de fait en catégorie 1. Cependant, la loi dit que les installations présentant des risques d’insalubrité, d’incommodité ou de danger pour les populations riveraines ne sont plus autorisées à demeurer dans des zones qui ne sont pas catégorisées 1.

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