Entreprises

Bombardier s’allie avec Al Akhawayn

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5061 Le 10/07/2017 | Partager
Créer le 1er master ferroviaire au Maroc et en Afrique
Objectif: répondre aux besoins en hauts cadres
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L'accord conclu entre Bombardier et l’université Al Akhawayn porte sur le lancement d'une formation d’ingénieurs aux techniques, technologies et méthodes industrielles propres à l’industrie ferroviaire (Ph. YSA)

Bombardier Transport et l'Université Al Akhawayn d’Ifrane sont désormais partenaires. Les présidents des deux entités ont signé, jeudi dernier, un accord pour développer le premier programme de formation en gestion dans l’industrie ferroviaire au Maroc et en Afrique. «Il s’agit de développer des formations de gestion de haut niveau dans l'industrie ferroviaire et les domaines de la mobilité durable», indique Driss Ouaouicha, président de l'université d’Ifrane. 
Concrètement, le partenariat couvre trois domaines majeurs, à savoir la création du premier programme de Master ferroviaire en Afrique, la création de séminaires techniques sur l’ingénierie et les technologies ferroviaires et la certification des modules de formation continue. «Notre accord avec Bombardier et d’autres organisations montre l’intention de l’université d’ouvrir de nouveaux champs d’entreprise et d’enrichir nos programmes universitaires au niveau international. En tant qu’organisation éducative, nous sommes concernés par les défis de la mobilité durable et voulons préparer les talents et les profils afin qu’ils puissent mettre en œuvre des projets dans le contexte actuel, complexe et stratégique au Maroc et dans le monde entier», souligne le président d’Al Akhawayn. Ainsi, un comité responsable du suivi des nouveaux programmes créés sera constitué afin d’assurer une forte synergie entre les différents domaines de collaboration. A noter que les programmes et modules des nouvelles formations seront préparés, accrédités et mis à l’appréciation des dirigeants de l’université d’Ifrane et ses partenaires. Ce processus nécessitera près d’une année. 
Taoufiq Boussaid, président de Bombardier Transport Maroc, souligne ainsi que l’accord avec Al Akhawayn est aligné sur la stratégie de développement du groupe au Maroc et en Afrique. «Notre objectif est d’utiliser une formation normalisée pour développer les capacités marocaines et africaines dans les industries du transport ferroviaire et de la mobilité durable, ce qui générera des avantages économiques, créera des emplois et augmentera les capacités de la main-d’œuvre locale», indique-t-il. «La création d’un groupe de gestionnaires de haut niveau est une condition préalable à cette réalisation et pour répondre aux besoins de plus en plus complexes de l’industrie et relever les défis de la mobilité auxquels sont confrontées les villes en Afrique et à travers le monde», renchérit le président de Bombardier Transport Maroc. 
En tant que concepteur et constructeur ferroviaire de premier plan, la contribution principale de Bombardier sera de fournir à l’université son savoir-faire sur l’industrie ferroviaire internationale. Les experts de Bombardier aideront à définir, créer et développer les programmes de formation, tandis que les ingénieurs et les réalisateurs de projets de Bombardier soutiendront la gestion et fourniront des conférences de suivi et des modules de formation comme indiqué dans le contrat de partenariat. Pour sa part, Al Akhawayn sera chargée de sélectionner des enseignants et des conférenciers de qualité ainsi que les ressources humaines, matérielles et techniques nécessaires pour mettre en œuvre les programmes et les contenus des cours. L’université formera également un certain nombre de candidats sélectionnés par Bombardier. «Ce qui veut dire que nos lauréats auront de nouvelles opportunités d’emploi», se réjouit le président de l’université d’Ifrane. 
En tout cas, son nouveau partenaire a de grandes ambitions pour le Maroc et ailleurs. Il vise le développement du réseau des trains régionaux (Kénitra-Rabat et Casablanca) et est vivement intéressé par les projets de tramways potentiels. Bombardier veut également se positionner sur le projet de LGV entre Casablanca et Agadir. Ce qui veut dire des investissements en infrastructures, mais aussi des emplois et de la formation technique et de hauts cadres. 

Vers un écosystème de fournisseurs

Implantée à Casablanca depuis 2011, Bombardier Transport a renouvelé 14 trains électriques de l’ONCF opérant sur la ligne Casablanca-Rabat. La filiale du géant canadien a décroché un contrat de signalisation pour équiper la ligne ONCF entre Casablanca-Kénitra et Sidi Yahya-Tanger avec le système européen de gestion du trafic ferroviaire (ERTMS Level 1). Le groupe est présent également dans l’aéronautique à travers une usine de fabrication située dans la zone franche de Nouaceur Midparc près de Casablanca. Celle-ci emploie actuellement 300 personnes et produit des composants et des sous-ensembles d’avions pour les avions commerciaux de Bombardier. «Notre ambition est beaucoup plus grande. Nous voulons créer un écosystème de fournisseurs au Maroc qui répond à nos besoins en qualité. Nous avons déjà commencé la sélection», indique Taoufiq Boussaid, président de Bombardier Transport Maroc.


L’extension du tramway de Casablanca

Bombardier Transport Maroc est intéressée par le projet d’extension du tramway de Casablanca dont le résultat de l’appel d’offres sera connu le 20 juillet. Pour son président, «Bombardier représente une alternative. Elle a la solution pour répondre aux besoins de Casa-Transport et est très motivée par cet appel d’offres». «Nous y travaillons depuis plusieurs mois et nous y avons de très grosses équipes un peu partout en Europe», souligne Taoufiq Boussaid. D’après lui, «il faut désenclaver les grandes villes et créer des zones de résidence séparées des zones de travail». Le grand défi est de transporter ces gens entre leur domicile et leur lieu de travail. Et c’est justement sur ce créneau que Bombardier veut se positionner. «Nous voulons nous positionner sur la mobilité interurbaine avec des produits très modernes qui ont déjà fait leurs preuves en Europe», confie-t-il. Enfin, côté desserte, tout dépendra de la cartographie fournie par le client (l’ONCF), la qualité du produit et le prix établi. 

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