Culture

Marrakech du Rire Samia Orosemane: Combattante de stéréotypes

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5054 Le 29/06/2017 | Partager
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Si elle se produit au Marrakech du Rire pour la première fois, Samia Orosemane connaît bien le Maroc et confie être tombée amoureuse du pays, où elle se précipite à chaque nouvelle occasion

- L’Economiste: C’est votre première au Marrakech du Rire. De quoi parle votre spectacle? 
- Samia Orosemane: Une première au MDR, mais pas au Maroc. Je m’y suis déjà produite et comme je suis tombée amoureuse de ce pays, à chaque occasion, j’y cours. Dans mon spectacle, je raconte mon histoire, et il s’avère que ce sont des combats de femmes. Quand je parle de l’homme que j’aime, par exemple, et dont mes parents ne voulaient pas entendre parler car il est noir et pas de chez nous, de nombreuses femmes peuvent se reconnaître dans le courage qu’il faut déployer pour faire accepter ses propres choix.
 
- On ne cesse de vous interroger sur votre voile. Comment le prenez-vous?
- C’est fatiguant. En France, je suis un ovni. Ils ont cette image de la femme voilée soumise et opprimée. Alors de voir une «foulardée» rigolote, ça les choque. Je suis toujours obligée d’expliquer que notre pratique est juste différente, et que nous sommes des femmes comme les autres. Ce pays aura évolué à partir du moment où l’on arrêtera de définir les gens par rapport à leur apparence ou appartenance religieuse. Au début de mon spectacle, je ne parle pas du tout de mon foulard. Je laisse d’abord entrer les gens dans mon univers. Quand ils finissent par m’aimer, je leur avoue que je porte un foulard de musulmane! A ce moment-là, il est trop tard, ils ne peuvent plus s’échapper.
 
- Devez-vous franchir d’autres barrières en tant que femme humoriste?
- Les seules barrières que l’on a sont celles que l’on se met soi-même dans la tête. Et c’est bien dommage. Nous les femmes, nous nous posons un milliard de questions. Est-ce que nous en valons la peine? Méritons-nous toutes les belles choses qui nous arrivent? L’homme ne se pose pas ce genre de questions, il avance. Je dois toujours rappeler que je suis une adulte à part entière et que j’ai le droit de choisir la manière dont je veux mener ma vie. Quand bien même je me trompe, je me relève. Sinon, quand devenons-nous des adultes?
 
- Comment tout a commencé?
- Je fais de la scène depuis l’âge de 12 ans. J’étais au conservatoire de théâtre à Paris avant d’organiser des plateaux d’humour en 2008 sans vulgarité et sans insultes pour faire venir les familles au théâtre. Il s’agissait d’offrir un autre type de spectacle pour un autre type de public. J’ai fait venir des artistes jusque-là inconnus et qui ont percé aujourd’hui, comme Baptiste Lecapelain ou Malik Bentalha. Je suis heureuse d’avoir eu l’œil pour repérer ces pépites. J’ai ensuite écrit mon propre spectacle, que je peaufine avec les années en jouant beaucoup à l’étranger, de l’Afrique subsaharienne francophone à Londres, Montréal ou Dublin.
 
 

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