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Les écoliers ivoiriens ont leur cartable solaire

Par Issouf KAMAGATE | Edition N°:5052 Le 23/06/2017 | Partager
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Les cartables solaires sont dotés d’une plaquette solaire de 3 watts et sur laquelle est incorporée une batterie qui se recharge à la lumière du jour ou au rayon du soleil. Et l’énergie emmagasinée tout le long de la journée permet d’avoir de la lumière pour pouvoir faire les devoirs le soir (Ph. Evariste Akoumian)

Un sac à dos avec un panneau solaire rechargeable pour apporter un peu de lumières aux écoliers de zones non électrifiées de Côte d'Ivoire. C'est l'idée d'un jeune inventeur pour permettre à ces écoliers d'avoir de meilleurs résultats scolaires.

Le petit Michel Koutouan est félicité par ses parents, pour ses notes en classe qui  se sont encore améliorées. De cinq sur dix de moyenne, il s’est retrouvé à sept. Même si Michou, comme l’appellent affectueusement ses parents, reçoit des ovations de part et d’autre de sa famille, il avoue lui-même qu’il doit cette progression au cartable solaire dénommé «Solarpak». Vivant dans un foyer sans électricité à Songon village, à l’ouest d’Abidjan, cet écolier a eu la chance d’être parmi les bénéficiaires des 50 sacs distribués dans la zone. A l’instar de Michel Koutouan, d’autres élèves du village de Grand Aféri (département d’Affery, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire) comme Bessekon. F, qui ont également reçu le cartable, ont aussi amélioré leurs résultats scolaires.
Derrière ces sacs solaires, se cache un nom: Evariste Akoumian, auteur de cette invention, la trentaine. L’idée lui est venue lors d’une livraison de matériel informatique et de fournitures de bureau à l’intérieur du pays. En escale dans un village non électrifié, il a observé qu’une fois la nuit tombée, les enfants avaient du mal à apprendre leurs leçons et à faire leurs devoirs. «Nous nous sommes dit qu’en Afrique, nous avons gratuitement le soleil, alors pourquoi ne pas réfléchir à une solution plus simple pour aider ces enfants afin qu’ils puissent avoir de meilleurs résultats scolaires», explique-t-il.
Les cartables solaires sont dotés d’une plaquette solaire de 3 watts et sur laquelle est incorporée une batterie qui se recharge à la lumière du jour ou au rayon du soleil. Et l’énergie emmagasinée tout le long de la journée permet d’avoir de la lumière, à travers une lampe Led qu’on connecte à un port Usb relié à la plaquette solaire.  Précisons que cette lumière a une durée de trois heures. Cependant, pour arriver à cette création, Evariste Akoumian soutient qu’il a mis deux ans de recherche et six mois de test sur le terrain. Puis une distribution gratuite de 500 sacs solaires dans quatre localités de la Côte d’Ivoire. «Ce que j’ai injecté dans Solarpak, ce sont les bénéfices de mon entreprise de vente de matériels informatiques. Nous avons investi à peu près plus de 50 millions de Fcfa [76.000 euros]», raconte notre interlocuteur. Celui-ci affiche une grande ambition: combler le manque d’accès à l’électricité qui concerne encore 700 millions d’habitants en Afrique. Ce défi, Evariste Akoumian est bien conscient qu’il n’est pas facile à atteindre. Mais «ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut baisser les bras. Au contraire, il faut avoir de la persévérance, du courage. Car, rien n’est facile», insiste-t-il.
En dépit de l’acte de générosité de l’ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire qui a pu relayer son initiative, Evariste Akoumian n’a, pour l’instant, aucun soutien financier pour accroître son activité et vendre plus de sacs, dont l’unité coûte 12.000 Fcfa [18 euros] TTC. Pour l’instant, il importe les sacs et les petits panneaux solaires d’Asie pour les monter en Côte d’Ivoire, mais il espère relocaliser la production dans son pays.

Issouf KAMAGATE

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