Analyse

Boussaïd au Club de L’Economiste: «L’économie retrouve du tonus»

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5050 Le 21/06/2017 | Partager
Prévisions de croissance optimistes: 4,5% ou plus
Reprise des crédits bancaires et de la consommation
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De g à dr: Hicham Brahmi, chef de cabinet du ministre des Finances, Abderrahmane Semmar, directeur des entreprises publiques et de la privatisation, Faouzia zaaboul, directrice du Trésor et des financements extérieurs , Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie et des Finances, Nabyl Lakhdar, directeur de la facilitation, du système d’information et de la stratégie à la direction générale des Impôts,  Mohamed Ezzahaoui, directeur des ressources et de la programmation à l’administration de la Douane,  Moncef Aderkaoui, conseiller du ministre des Finances, et Adyl Hidale, directeur par intérim de la direction des études et de la prévision financière (Ph. Jarfi)

La dynamique de reprise est bien enclenchée. La consommation a pris 1,6% contre 1,3 l’année dernière et les crédits bancaires se sont redressés de 5,1% depuis le début de cette année. Un bon trend, annonce Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie et des Finances, au Club de L’Economiste organisé vendredi 16 juin.

Tous les secteurs sont dans une bonne dynamique à fin mai: les exportations des  phosphates et dérivés,  l’agroalimentaire est en hausse de 6% , l’aéronautique 9%, l’électronique 4,9% et l’automobile a augmenté ses ventes de 1,9%. Malgré le retard pris dans le vote de la loi de finances, les prévisions de croissance sont maintenues: 4,5%, voire plus en raison notamment de la bonne campagne céréalière, 102 millions de quintaux alors que la loi de finances s’est basée sur une moyenne de 70 millions de quintaux. Les six mois d’attente avant le vote de la loi de finances peuvent avoir un impact.

  Une actualisation des prévisions de croissance sera effectuée fin juillet à l’occasion de la présentation de l’état d’exécution de la loi de finances au Parlement. Sur les quatre dernières années, la croissance n’a pas dépassé la moyenne de 3,2% et le taux de 4,5% prévu est jugé en phase avec le potentiel de croissance.  Il est attendu après une année 2016 catastrophique.

Durant cette année, la valeur ajoutée agricole a reculé de 12,8%. «Cette baisse était  tellement forte qu’elle a induit un vrai choc au niveau de l’économie. Le secteur agricole représente 15% du PIB», rappelle le ministre des Finances. Mais l’économie peut-elle faire mieux?

«Nous sommes  sur  la bonne voie puisque l’ensemble des stratégies sectorielles commencent à  produire leurs effets», répond le ministre. Le PIB non agricole s’accroît mais n’a pas encore renoué avec les niveaux enregistrés avant la crise (+4,5%): 1,8% en 2015, 2,2% en 2016 et un taux de croissance de 3,2% est prévu cette année. Optimiste, voire rassurant, le ministre affirme qu’il faut rechercher une croissance soutenable, durable et inclusive.

Une attention particulière sera apportée aux secteurs sociaux: la santé, l’éducation et l’emploi. Il est d’avis qu’il faut marquer une pause sur les infrastructures au regard de l’effort colossal consenti ces quinze dernières années. Il est temps de «rentabiliser ces investissements».
 Pas question de lâcher les  fameux équilibres macro-économiques. «Durant le mandat précédent, nous nous sommes concentrés sur le  sauvetage des finances publiques. Les équilibres macro-économiques constituent la base d’un développement économique pérenne et viable», soutient Boussaïd.

Il rappelle au passage que le retour progressif de l’équilibre  macro-économique s’est effectué sans sacrifier l’investissement et les budgets sociaux, mais en menant des réformes internes et en profitant de certains éléments externes. Cela s’est également effectué tout en maintenant «l’equilibre social». Aussi, les choix politiques ne devraient pas affecter de manière substantielle ces équilibres.

«Ce nouveau mandat doit être envisagé différemment, celui du maintien des acquis. Nous devons maîtriser les équilibres macro-économiques, sinon, nous risquons de le payer cher au niveau de l’endettement», met en garde  le ministre des Finances.  Boussaïd souhaite ramener l’endettement du Trésor à 60% du PIB en 2021.

                                                                      

Verbatim

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  «La pression fiscale au Maroc est de 25% contre 45% en France et une moyenne de 35% en Europe. Elle dépend des taux et de la collecte de l’impôt. Si nous élargissons l’assiette et sécurisons les recettes, nous allons faire baisser les taux pour améliorer l’attractivité fiscale»

 «Dans l’industrie, nous avons un savoir-faire. Nous avons besoin d’une nouvelle génération d’entrepreneurs. Nous devons les donner en exemple et mettre les succès en avant dans l’industrie»

 «Le ministre des Finances est un équilibriste. Il doit avoir le sens de l’anticipation  quand il peut car, malheureusement, le monde est devenu imprévisible»

 «Nous ne pouvons pas réduire les importations. La balance commerciale  va s’équilibrer en ayant une offre compétitive nationale»  

 «Notre ambition est d’être parmi les 50 premiers du classement Doing Business en 2021»

 

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