Economie

Cour des comptes/ONCF: Pourquoi tant de retard

Par Amin RBOUB | Edition N°:5011 Le 26/04/2017 | Partager
Vétusté du parc, déficit de maintenance, manque de prévision...
La cession de matériel réformé entachée de vices de procédures
Retard dans la valorisation des gares

Le retard des trains interpelle même les magistrats de la Cour des comptes. En effet, selon le dernier rapport de la Cour, «les retards des trains sont la cause directe d’incidents liés aux composantes de l’infrastructure ainsi que des insuffisances dans la gestion des matières relatives à la maintenance». La Cour des comptes relève également des carences dans les activités du Pôle infrastructures et circulation.

Il s’agit notamment de carences dans la gestion des embranchements ou encore des limites dans la gestion des traversées de la voie ferrée. Plus encore, «les quais de gare ne facilitent pas l’accès des voyageurs aux trains». Ce qui se traduit par des congestionnements et engorgements devant les portes des wagons. Selon un haut cadre de l’ONCF, «ce sont plutôt les voyageurs qui ne savent pas monter dans un train, sans oublier les bagages nombreux».

Certes, il y a un peu de cela. Mais cela n’explique pas le phénomène des retards dont se plaint chaque année la clientèle ONCF. La vétusté du parc est également pointée du doigt. Du coup, les charges de la maintenance sont en constante croissance. «Une proportion importante des dépenses est absorbée par la maintenance curative», relève le rapport.  L’exécution du programme de maintenance fait l’objet de nombreuses insuffisances.

«Une part significative du programme annuel n’est pas exécutée». Plus surprenant encore, «des visites et des révisions sont faites au-delà des limites fixées par les normes de maintenance». Il a également été constaté qu’un nombre important de demandes de matières nécessaires aux opérations de maintenance du matériel roulant sont non satisfaites. Mais même lorsqu’elles sont satisfaites, elles font l’objet d’un grand retard.

«Ce qui impacte négativement l’exécution du programme de maintenance», déduisent les magistrats. Par ailleurs, de nombreux matériels roulants circulent avec des restrictions temporaires. La Cour relève également «un déficit de prévision et de planification sur les matières nécessaires à l’exécution du programme de maintenance, en l’absence de stock de certains articles stratégiques».

Les modalités de cession de matériel réformé sont entachées de vices de procédures. La Cour de Jettou a relevé «des cessions directes sans recours, dans certains cas, à des appels à concurrence». S’y ajoutent des insuffisances de verrouillage de la procédure de gestion du matériel enlevé des installations fixes. Sur un tout autre registre, l’ONCF ne procède pas à la valorisation de l’ensemble des gares programmées.

En revanche, certaines gares sont valorisées sans pour autant qu’il y ait une étude de faisabilité. La Cour relève également des carences en matière de suivi de gestion des locaux commercialisés. En plus d’insuffisances en matière de recouvrement des recettes de commercialisation des locaux appartenant à l’Office.

L’effet pipeline de l’OCP

Entre 2009 et 2015, l’ONCF a enregistré un taux de croissance annuel moyen du chiffre d’affaires de l’ordre de 6%. Le résultat net a aussi connu une amélioration. Pour rappel, l’activité trafic constitue l’essentiel des produits d’exploitation de l’Office. Elle a représenté 81% de l’ensemble des produits en 2015. En revanche, l’activité transport de phosphates, qui représente en moyenne 45% du chiffre d’affaires de l’ONCF, a accusé une baisse de 4%. En 2015, le chiffre d’affaires de ce segment a reculé à cause de la mise en exploitation du pipeline de l’OCP.

 

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