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Drones: Le Maroc en retard

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5002 Le 13/04/2017 | Partager
L'importation et l'utilisation très verrouillées
La dimension sécuritaire étouffe un boom technologique qui touche tous les secteurs
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L’utilisation des drones mobilise les opérateurs et professionnels. L’Association drone Maroc (ADM) a animé une conférence pendant le salon Préventica et a profité de l’occasion pour faire un état des lieux du secteur (Ph. D.M)

L’utilisation des drones se développe dans plusieurs corps de métier (projets de cartographie, photogrammétrie, suivi de grands chantiers, etc.). Mais des restrictions juridiques freinent l’usage chez les professionnels et les amateurs. A titre d’exemple, des exploitants agricoles désireux d’utiliser des drones pour l’épandage auraient beaucoup de mal à utiliser cette technologie. Le permis de voyage IATA, nécessaire au détenteur d’un drone, est pratiquement impossible à décrocher. Au Maroc, la manipulation des drones est extrêmement contrôlée.

L’Etat a décidé d’en limiter l’importation et l’utilisation en les soumettant à des autorisations (arrêté du 23 février 2015). C’est principalement le risque sécuritaire qui a été mis en avant par les autorités marocaines. «L’appareil est classé dans la même catégorie que les explosifs», déplore M’hamed Tarek Benkhmis, président de l’Association drone Maroc. Le coût d’acquisition d’un drone varie de 35.000 à 500.000 DH (sans les accessoires: radio commande…).

L’obtention de la licence relève du parcours du combattant. «Nous avons mis 5 mois pour obtenir la licence. Pour l’obtenir, nous avons dû déposer un dossier auprès de la wilaya, indiquant les lieux à survoler, les dates, heures, coordonnées GPS, etc.», explique un opérateur. Ce dossier doit ensuite être validé par une commission spéciale composée de représentants de l’autorité locale, de la police, de l’armée et de la gendarmerie royale.

D’autres pays de la région ont pourtant assoupli la législation sur l’utilisation de cette technologie. En Tunisie, par exemple, une loi récente autorise le pilotage des drones à des fins professionnelles (tournages, épandages, etc.), avec une accréditation qui s’étale sur une année. Ce qui évite aux professionnels de faire des demandes de licence pour chaque prestation. Au Maroc, à peine une dizaine d’entreprises détient les autorisations nécessaires pour la fabrication et l’exploitation de la technologie. La France en compte près de 3.000. La législation française encadrant l’utilisation civile de drones a été adoptée en 2012.

Le retour d’expérience des pompiers de Lyon à fait l’objet d’une présentation. Les services de la sécurité civile de la ville utilisent les drones dans la gestion de crises, les opérations de grande ampleur (explosions thermodynamiques, détection de gaz toxiques ou de produits corrosifs…). Ces appareils peuvent être équipés de capteurs radiologiques ou chimiques, sondes radiologiques, balises d’urgence, défibrillateurs…pour les interventions d’urgence et l’analyse des risques.

 

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