Entreprises

PSA Maroc: La plateforme CMP sera développée à Kénitra

Par Amin RBOUB | Edition N°:4996 Le 05/04/2017 | Partager
Intégration, type de véhicules, RH... Le détail
Intégration locale: Le défi des 60% maintenu dès le démarrage
Une vingtaine de recrues déjà en formation
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CMP est une future plateforme qui est en cours de développement et qui sera lancée dans un certain nombre d’usines dont celle de Kénitra... Le premier véhicule de cette plateforme sera dans le segment B-Hatch. En clair, l’équivalent de la Peugeot 208 (Ph. AC)

«Tous les objectifs d’intégration locale promis seront maintenus», tient à préciser Rémi Cabon, DG de Peugeot Citroën Automobiles Maroc, filiale du constructeur français PSA. Le pari ambitieux des 60% sera tenu essentiellement en raison de l’assemblage des moteurs dans le site de Kénitra. Ce taux élevé d’intégration du made in Maroc se traduira par 1 milliard d’euros d’achats et de sourcing local. «Notre taux d’intégration locale est nettement plus ambitieux que celui de Renault», tient à rappeler Monsieur PSA Maroc.

Pour rappel, lors de la dernière convention fournisseurs, tenue fin mars dernier, Renault a revendiqué quelque 45% d’intégration locale. L’objectif du groupe Renault Maroc est de parvenir à 65% en 2025. Certes, l’optimisation de l’intégration de pièces locales est une exigence contractualisée par l’Etat marocain, mais il y a des métiers et des spécialités complexes qui ne sont pas encore maîtrisés. S’y ajoutent des exigences des 2 constructeurs de production en série, ainsi que des objectifs et des standards qualité extrêmement élevés. «Ce niveau d’exigence ne fera qu’augmenter», signale Rémi Cabon, DG de PSA Maroc.

Dès 2018, le constructeur compte mettre en place le process industriel avec sa future plateforme industrielle CMP (Common Modular Platform). «C’est une future plateforme qui est en cours de développement et qui sera lancée dans un certain nombre d’usines dont Kénitra. Comme annoncé en avant-première par L’Economiste, le premier véhicule de cette plateforme sera dans le segment B-Hatch. En clair, c’est l’équivalent du segment de la Peugeot 208. L’intérêt d’une plateforme est qu’elle permet de produire des véhicules différents. Sur la plateforme CMP, déjà paramétrée pour Kénitra, le constructeur peut éventuellement monter des citadines B-Hatch, des SUV (sport utility vehicle), des C Sedan (berlines tricorps)... «Cette plateforme peut adresser une gamme assez large de véhicules», explique Cabon.

Au démarrage, PSA a pris la décision de faire du B-Hatch uniquement. Quant au C-Sedan (type C-Elysée ou Peugeot 301), la décision n’est pas encore prise, signale le dirigeant. Pour l’heure, «nous sommes très confiants sur le succès de la nouvelle voiture que nous allons lancer à Kénitra et sur notre capacité à saturer l’usine dès les premiers mois... Evidemment, il y aura d’autres véhicules qui seront lancés à Kénitra. C’est un peu prématuré d’en parler aujourd’hui», soutient Cabon. Une chose est sûre, tous les produits qui seront développés, ici et ailleurs, sont déjà validés par le plan stratégique «Push to Pass» de PSA, avec une offensive produit importante qui a été annoncée ainsi que le nombre de lancements par an, par marque et par région.

Ce qui annonce que différents programmes sont en cours d’étude auprès du constructeur, pour développer de nouveaux véhicules. L’on parle notamment de projets de véhicules électriques, voitures hybrides, des produits d’entrée de gamme, sous l’appellation «Smart cars»... «Mais ce n’est pas du tout l’objet du démarrage du site de Kénitra», tient à préciser Cabon.
Initié par le numéro 1 du groupe, Carlos Tavares, le plan Push to Pass vient suite au Plan Back in the Race du constructeur. Il s’agit là du 2e plan de développement en 3+3 avec des objectifs assez précis en termes d’évolution produit et du développement groupe tant en profitabilité que du chiffre d’affaires.  Sur le volet ressources humaines, les recrutements se suivent à un rythme assez soutenu.

Peugeot Citroën Automobiles Maroc a déjà embauché la directrice des Ressources humaines (DRH) du site de Kénitra. Actuellement, l’entreprise a engagé une vingtaine de salariés. «Nous avons déjà ce qu’il faut pour faire tourner une entreprise. C’est-à-dire un comptable, des assistantes, des coursiers... Et puis il y a les postes d’encadrement avec des profils qui rentrent dans des cycles de formation. Ce sont globalement des fonctions de futurs encadrants. Pour le management intermédiaire, c’est un peu prématuré de faire des recrutements. A partir de la fin de cette année, les embauches devront s’intensifier», soutient Rémi Cabon.

Floquet Monopole

Pour la partie fournisseurs, le processus d’accréditation est plutôt bien avancé. PSA a déjà une short-list de fournisseurs locaux qui sont déjà accrédités pour ses sites européens. Parmi eux, le Marocain Floquet Monopole qui fournit les chemises piston. Il s’agit là d’un équipementier automobile de premier rang. Floquet est en fait un concepteur-développeur et fabricant de pistons et chemises pour moteurs essence et diesel. L’entreprise exporte 100% de sa production sur une vingtaine de pays. L’industriel marocain est homologué par des constructeurs européens de renom tels que PSA, Renault, Fiat, Iveco... Les fournisseurs marocains, qui sont déjà au panel de PSA en Europe, sont systématiquement accrédités à Kénitra. Après il y a d’autres enjeux, avec des industriels marocains, notamment des textiliens, qui veulent se reconvertir et faire évoluer leur activité dans le textile automobile. «Nous sommes très ouverts et demandeurs de ce type de reconversion que ce soit dans les ressorts, les textiles, les tuyaux, le plastique... Dans la majorité des cas, ce sont des fournisseurs de type 2», confie Rémi Cabon à L’Economiste.

 

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