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L’OCP anticipe une légère amélioration des cours

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4989 Le 27/03/2017 | Partager
Le marché des phosphates sera plus stable cette année
Les dividendes ne devraient pas dépasser 2,5 milliards de DH
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Le groupe OCP développe désormais des formules adaptées aux besoins des consommateurs. Ce qui permet d’offrir des produits à des prix accessibles aux utilisateurs (Ph. OCP)

Le secteur du phosphate passe  actuellement par une zone de turbulences, marquée surtout par des exportations massives de Chine. Une suroffre qui s’ajoute aux stocks qui avaient été constitués en 2015. Ce qui impacte sensiblement les cours, et par conséquent, le chiffre d’affaires et les marges de tous les exportateurs. Le groupe OCP a enregistré une baisse de 5 milliards de dirhams de son chiffre d’affaires.
Néanmoins, le groupe OCP reste faiseur de marché. Il compte plusieurs atouts. Il a développé les coûts de production les plus bas sur la roche et l’engrais en comparaison avec ses principaux compétiteurs. L’action sur les charges lui a permis d’absorber les soubresauts des cours. Un plus qui fait défaut aux concurrents, obligés de réduire leurs exportations si les cours déclinent.

De plus, opérateur historique, il peut se targuer d’exploiter des mines qui se distinguent par leur taille. Il peut compter sur un avantage de poids, en l’occurrence la proximité avec les ports. Ce qui permet de réaliser des économies en termes de logistique. L’Office compte bien capitaliser sur ces avantages compétitifs en poursuivant son programme d’investissement.
■ Les dividendes inférieurs à 2,5 milliards de DH
La baisse du chiffre d’affaires 2016 à 42,47 milliards de dirhams (4,3 milliards de dollars) contre 47,74 milliards en 2015, conjuguée à un redressement fiscal de 950 millions de dirhams (IS, IR et TVA), devrait se traduire par un repli du dividende qui sera reversé au Trésor. Le montant n’a pas encore été arrêté, mais il devrait se situer autour de 2 milliards de dirhams contre 2,5 milliards en 2016 au titre de 2015.

■ Des perspectives prometteuses pour 2017
Pour le management de l’OCP, l’année 2017 s’annonce sous des auspices stables. La Chine disposera toujours d’une surcapacité à mettre sur le marché. Mais elle devra tirer les enseignements de l’exercice 2016, à savoir que l’inondation des marchés avec des phosphates, de surcroît à des prix de revient élevés, ne pourra que tirer les cours vers le bas et raboter les marges.  D’ailleurs, l’année dernière, 70% des opérateurs chinois y ont laissé des plumes. L’optimisme du groupe OCP se fonde sur d’autres paramètres. Le taux de change devrait rester stable. Ce qui devrait contribuer à préserver le pouvoir d’achat des pays importateurs. A titre d’exemple, le Brésil et l’Inde qui avaient sensiblement dévalué leur monnaie nationale, respectivement le rial et la roupie, devaient s’approvisionner en fertilisants en dollars. Ce qui renchérissait les coûts et réduisait leur pouvoir d’achat.

L’autre facteur déterminant concerne la force de frappe de l’OCP qui dispose désormais d’une offre exportable de 18 millions de tonnes. Il faut également rappeler que les conditions pluviométriques dans les principaux débouchés incitent les agriculteurs à acheter plus de fertilisants grâce à l’amélioration de leurs conditions matérielles.

Peu de gens le savent, mais l’OCP a beaucoup investi dans la diversification de ses produits et la flexibilité de son outil industriel. Aujourd’hui, il propose, outre les produits standards tels que le DAP (engrais binaire), le MAP, (engrais binaire composé de deux agents fertilisants), TSP (engrais entièrement phosphaté), des produits modulés selon les besoins des consommateurs. En 2015, l’OCP a exporté pas moins de 34 formules différentes. Des produits de spécialité qui génèrent des marges plus intéressantes que les produits classiques. D’ailleurs, c’est ce qui a permis de réaliser 1,7 million de tonnes sur l’Afrique en 2016, en hausse de 70% par rapport à 2015.

Des projets à l’international

L’OCP a signé un accord de coopération avec l’Ethiopie pour développer une plateforme intégrée de production d’engrais. Elle sera destinée à la production d’ammoniac, d’urée et d’engrais grâce à l’utilisation du gaz local et du phosphate marocain. D’une capacité de production de 2,5 millions de tonnes d’engrais par an, le site devrait être opérationnel en 2022. L’OCP a également paraphé un accord avec Kribhco, la plus grande coopérative indienne, sous forme de joint venture, pour la construction d’une usine de production d’engrais NPK à Krishnapatnam, dans l’Andhra Pradesh, en Inde. Le groupe a également conclu une convention avec Shell pour l’obtention d’une licence d’utilisation de la technologie Thiogro, permettant de produire des engrais enrichis de soufre. A noter aussi l’émission d’une obligation hybride de 5 milliards de dirhams (environ 500 millions de dollars) sous forme d’obligation perpétuelle subordonnée, divisée en trois tranches. Une offre sursouscrite deux fois.

 

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