Analyse

Immobilier à Casablanca: Les quartiers intra-muros ont encore du potentiel

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4983 Le 17/03/2017 | Partager
Friches industrielles et anciens quartiers villas reconvertis en zones résidentielles
C’est le cas de l’Oasis, Ferme Bretonne, Riviera, Franceville …
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«L’offre est de plus en plus diversifiée en termes de localisation, de type de projets, de standing et de prix. Ce qui implique forcément une durée de réflexion plus longue pour prendre une décision quant à la zone tout d’abord, puis au type de produit, au projet et enfin au bien», soutient Youssef Benmansour, cofondateur du cabinet Rea Partners (Ph. RP)

Aujourd’hui, les acquéreurs ont le choix de s’éloigner du centre-ville pour acquérir des biens plus accessibles en périphérie, offrant souvent un meilleur cadre de vie. Mais la reconversion des anciennes friches industrielles ainsi que d’anciens quartiers de villas en zones résidentielles offre un nouveau potentiel. Entretien avec Youssef Benmansour, cofondateur du cabinet immobilier Rea Partners

- L’Economiste: Quels sont les quartiers résidentiels qui montent à Casablanca?
- Youssef Benmansour:
Depuis l’approbation des nouveaux plans d’urbanisme et la mise en chantier de projets structurants sur Casablanca, de nouveaux quartiers résidentiels ont commencé à émerger au centre-ville. Ces quartiers sont issus de la requalification de certaines zones villas, industrielles ou réserves foncières en zones d’immeubles de différents types. Notons par exemple le cas de Casa Anfa qui se développe sur une superficie foncière de 350 hectares sur le site de l’ancien aéroport d’Anfa. Ce projet prévoit d’attirer à terme plus de 100.000 habitants et d’abriter Casablanca Finance City, hub financier du Maroc. En périphérie, de nouveaux quartiers ont vu le jour avec l’ouverture de nouvelles zones représentant plus de 20% du tissu urbain actuel, notamment sur les régions de Dar Bouazza, Bouskoura et Zenata qu’on appelle la troisième couronne de Casablanca. Les deux premières zones ont considérablement contribué à diversifier l’offre de la ville en créant une alternative à l’offre intra-muros à des prix forcément plus abordables et souvent plus qualitative et ce, sur les différents segments résidentiels. Ces régions sont également organisées en sous-zones qui se distinguent par le segment résidentiel qu’elles abritent.
- Pourquoi les prix ne baissent pas malgré la stagnation des ventes?
- Il est vrai que les prix de l’immobilier restent stables en ce qui concerne Casablanca intra-muros, malgré une baisse des ventes. Mais le foncier dans les quartiers centraux reste rare. Ce qui explique les niveaux de prix ayant un impact direct sur le prix des appartements. La demande pour ces quartiers est toujours là, celle qui souhaite rester au centre-ville. Sauf qu’aujourd’hui, les acquéreurs ont le choix de s’éloigner du centre-ville pour acquérir des biens plus accessibles en périphérie, offrant souvent un meilleur cadre de vie.  

- Quel impact pourront avoir les nouvelles zones pour résorber la demande en logement qui fait défaut au centre-ville?
- L’acquéreur dispose aujourd’hui de plusieurs alternatives. Les nouvelles zones de Bouskoura et de la région de Dar Bouazza-Ouled Azzouz abritent plusieurs projets résidentiels en cours ou qui ont déjà vu le jour, tous segments confondus. Ces zones ont également connu ces dernières années l’implantation de plusieurs équipements de proximité et services aux résidents, notamment des équipements commerciaux, scolaires, de sport et de loisirs. Aujourd’hui, nous pouvons considérer que ces zones ont d’ores et déjà pu résorber une partie de la demande latente de Casablanca et continuent d’y contribuer.

- Y a-t-il d’autres zones en devenir?
- La reconversion des anciennes friches industrielles ainsi que d’anciens quartiers de villas en zones résidentielles offre également un fort potentiel. Il s’agit de quartiers centraux, disposant de tous types de services et d’équipements ainsi que d’une bonne accessibilité. A titre d’exemple, nous pouvons citer les quartiers de l’Oasis, la Ferme Bretonne, Riviera, Franceville ou encore Maârif Extension sans oublier Ain Sebaâ. Le plan d’aménagement de ce dernier prévoit également la réalisation de plusieurs espaces verts, la restructuration des espaces publics et la mise à niveau des équipements socioculturels et sportifs existants qui accompagneront son développement.

- On constate un manque de visibilité sur le résidentiel à Casablanca. A quoi attribuez-vous ce déficit?
- Nous constatons à travers les différentes études de marché que nous avons menées au cours de l’année dernière et sur l’ensemble des projets que la demande est toujours là. Cependant, de manière générale, l’offre est de plus en plus diversifiée en termes de localisation, de type de projets, de standing et de prix. Ce qui implique forcément une durée de réflexion plus longue pour prendre une décision quant à la zone tout d’abord, puis au type de produit, au projet et enfin au bien. En ce qui concerne la zone, lorsqu’elle est nouvelle, la perception de l’acquéreur quant à son évolution dans le temps en termes d’équipement et d’infrastructure, mais aussi en termes d’environnement et de tissu immobilier futur, est un facteur déterminant. L’ouverture de plusieurs nouvelles zones urbaines à la fois est une des raisons qui ont pu susciter une certaine hésitation de la part des acquéreurs. Nous avons également pu le constater sur plusieurs projets que REA Partners commercialise. Cela se traduit par un prolongement de la durée de concrétisation.

Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

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