Culture

«Sbagha Bagha»: Quand Casablanca reprend des couleurs

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4981 Le 15/03/2017 | Partager
Une dizaine de street-artistes à l’assaut des murs de la ville
Le projet de L’Boulevard devient un festival
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Fruit d’une collaboration entre artistes marocains et étrangers, les fresques murales sont une parfaite addition entre le savoir-faire des uns, les références culturelles et le background des autres (Ph. L’Boulevard)

Le projet «Sbagha Bagha», qui redonne des couleurs aux murs défraîchis de Casablanca, est de retour pour une nouvelle édition. Porté par l’association EAC-L’Boulevard, street-artistes, graffeurs et muralistes marocains et étrangers s’attachent, à coup de bombes et de pinceaux, depuis plusieurs jours à habiller des murs de la métropole de toiles urbaines géantes. Ce qui n’était qu’une action programmée dans le cadre du festival L’Boulvard prend de l’ampleur cette année et devient un festival à part entière, à l’instar de son pendant rbati «Jidar toiles de rues» (co-initié en 2015 par la Fondation nationale des musées et l’association EAC-L’Boulevard).

«Sbagha Bagha Casablanca Street Art Festival» s’étale désormais sur plusieurs étapes tout au long de l’année et bénéficie  pour la première fois d'un appui financier conséquent de la part de la ville, à travers la société de développement local Casa Events qui apporte la plus grande partie du financement. Plusieurs sites  de la métropole changeront de visage grâce aux œuvres d’une dizaine de street-artistes pour cette session, dont six Marocains. Il s'agit de Pantónio (Portugal), Mehdi Annassi, alias Machima (Maroc), Dire (France), Achraf El Kouhen (Maroc), Kevin Neok (France), ED Oner (Maroc), Said Sabbah (Maroc), Red Oner (France), Amin Brush (Maroc), D'Et (Maroc) et Iramo Samir (Maroc).

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Une occasion pour les artistes marocains de se mesurer avec des talents étrangers et de travailler en collaboration. C’est d’ailleurs ce genre d’expérience qui a favorisé l’émergence de street-artistes nationaux alors qu’il y a quelques années, ceux qui étaient en mesure de réaliser des œuvres monumentales se comptaient sur les doigts d’une seule main. «Nous essayons toujours d’intégrer des artistes marocains qui sont dans d’autres univers,  que ce soit dans le digital ou la bande dessinée,  en les faisant travailler sur les proportions monumentales en collaboration avec des artistes étrangers plus familiarisés avec ce genre de format», annonce Salah Melouli, le directeur artistique de  «Sbagha Bagha», qui précise: «Il s’agit beaucoup plus d’une sorte de collaboration que d’apprentissage puisque les artistes marocains viennent  aussi avec leurs références culturelles, leur background, ce qui est très appréciable pour les artistes étrangers».

Des œuvres gigantesques, qui font office d’amuse-bouche puisque le plus gros du projet est annoncé pour le mois de septembre. «Nous allons essayer d’organiser une autre action dans la ville d’ici le mois de juin, mais nous allons surtout préparer une action de grande envergure pour le mois de septembre, en mobilisant plus d’artistes marocains et étrangers et en organisant des résidences en amont», précise le directeur artistique.

Au Royaume du graffiti

Cela fait désormais partie du paysage urbain de villes comme Casablanca, Rabat, Azemmour ou même Youssoufia et Safi. Ces belles fresques murales qui réinventent le street art  en lui donnant des fois un cachet très local, une autre fois un aspect des plus psychédéliques, mais toujours spectaculaire, ne détonnent plus et font même la fierté des riverains. Le Maroc est désormais inscrit dans le circuit international des plus grands street-artistes dans le monde, grâce à des actions comme Sbagha Bagha à Casablanca, le festival Jidar toiles de rues à Rabat ou encore l’édition Remp'Arts à Azemmour. L’Américaine Maya Hayuk, l’Argentin Jaz, l’Italien Pixel Pancho, les Français  Jef Aerosol  et C215… ont tous laissé leurs empreintes indélébiles sur les murs du Royaume et Rabat a même été classée parmi les villes les plus «Street art friendly».  La capitale figure en effet dans la short-list des 6 villes les plus favorables au street art dans le monde! Un classement du site américain Artsy (la plateforme numérique de référence, d’art moderne et contemporain qui revendique la plus importante base de données en ligne d’art contemporain). Le site avait mis en avant les villes «émergentes» pour les artistes. Des «villes propices aux besoins des artistes de rue, en termes d'opportunités commerciales et de collaboration, mais aussi des villes ayant une situation géographique favorable aux échanges, inspirant la créativité des artistes et enfin permettant aux artistes d’agir en toute légalité».

 

 

 

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