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DOSSIER 8 MARS

Hennou Allali, la maman des filles d’Oulmès

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4976 Le 08/03/2017 | Partager
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Hennou Allali, une des premières gynécologues marocaines a un coeur en or. Elle a voué une partie de sa vie à sauver les petites filles rurales d’une vie prédestinée. Grâce à la scolarisation, elles ont la possibilité de prendre leur destin en main (Ph. Bziouat)

Une des premières médecins du Maroc indépendant, Dr Hennou Allali se bat, à travers son association Illy, pour donner une chance aux filles de sa commun rurale Oulmès dans la région de Khemisset pour poursuivre leurs études. Elle est convaincue que l’école reste l’unique moyen pour ces filles de se libérer de l’exploitation imposée par leurs conditions sociales précaires. Sans l’école, elles seront obligées de rester au douar pour s’occuper des tâches ménagères et par la suite pratiquer les travaux agricoles. Le climat, la topographie et la culture conservatrice des familles dans cette région montagneuse enclavée ne favorisent pas la scolarisation des filles. Difficile de dépasser ces contraintes d’ordre social, naturel et culturel, avance Allali qui elle-même a vécu ce calvaire. «J’étais obligée de parcourir 10 km chaque jour pour aller à l’école», se rappelle-t-elle.

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Grâce à la scolarisation, ces jeunes filles ont la possibilité de changer de vie, de prendre leur destin en main (Ph. L’Economiste)

A défaut d’internat, les parents préfèrent garder leurs filles à la maison mais n'hésitent pas à confier leurs garçons à des proches qui habitent près de l’école. Et la situation devient compliquée lorsqu’il faut accéder aux collèges qui sont très rares au niveau de toute la région. «J’étais obligée d’aller au début des années 1960 à Fès pour poursuivre mes études au collège et par la suite au lycée», raconte Allali. Elle, qui a réussi à décrocher son bac et effectuer des études de médecine en France pour devenir gynécologue obstétricienne, souhaite à son tour offrir cette même chance aux jeunes filles du monde rural. Fidèle à sa région dont les filles issues de milieux défavorisés n’arrivent pas encore à accéder à l’école, Hennou Allali crée en 2006 l’association Illy, «ma fille» en tamazigh. Pour elle, l’école reste l’arme la plus puissante pour changer et progresser.

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Les filles pauvres ont 2,5 fois plus de risques d’être mariées pendant qu’elles sont encore mineures que celles issues de familles plus riches. En 2013, le mariage des mineurs a représenté près de 12% des unions et a concerné 35.000 filles. Plus de 99% des mineurs mariés sont des filles (Ph. L’Economiste)

Le projet de l’association Illy assure une prise en charge totale des filles: hébergement, nourriture et encadrement. Mais pour bénéficier de cette prise en charge, il y a des critères à remplir. Les bénéficiaires doivent être âgées de 7 ans, issues de milieu précaire et habiter au-delà de 5 km. Si, au démarrage, les prétendantes ne se bousculaient pas au portillon, aujourd'hui, le centre en est à sa 72e bénéficiaire et avec des dizaines de demandes en instance.
Les filles de l’association Illy suivent leur scolarisation dans une école publique à Oulmès. La bienfaitrice qui s’inquiète pour les phases collège et lycée, compte beaucoup sur l’ouverture l’année prochaine de Dar Taliba qui va garantir aux jeunes bénéficiaires de pouvoir poursuivre leur scolarisation jusqu’à l’obtention du baccalauréat.

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En 2012, entre 60.000 et 80.000 filles âgées de 8 à 15 ans étaient exploitées comme «petites bonnes» (Ph. L’Economiste)

Hennou Allali est fière, très fière des résultats scolaires de ses «filleules». Ces fillettes qui, à leur arrivée, ne parlaient pas un mot d'arabe, excellent aujourd'hui dans cette langue au point d'écrire même des poésies. Des poésies pour remercier mama Hennou de leur avoir offert la possibilité d'une autre vie.

Ils ont misé

La construction du centre d’hébergement de l’association  a été réalisée avec le soutien de l’INDH, la Promotion nationale et le ministère du Développement social. Alors que la partie  fonctionnement est assurée avec l’aide de la commune d’Oulmès, l’Entraide  national, certaines sociétés citoyennes et quelques bienfaiteurs.

60%
 de la population affirme
que «la priorité doit être donnée
aux hommes dans le marché du
travail» ou «le travail de la femme
se fait au détriment de l’éducation
des enfants» ou «ils sont
plus capables  d’assumer les
responsabilités» (HCP)

 

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