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Competences & rh

Préscolaire: Le grand bazar à Casablanca

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:4975 Le 07/03/2017 | Partager
Plusieurs institutions interviennent et diverses approches pédagogiques importées
Manque d’une logique scientifique homogène d’apprentissage
Des éducateurs incompétents
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(Source Etude de diagnostique de la Fondation Zakoura)

Plus de 88% des enfants préscolarisés relèvent des établissements chapeautés par l’Education nationale. Les Habous supervisent 4,8% des écoles, l’Entraide (2,77%) et les ONG (2,56%). Le reliquat est partagé entre le ministère de la Jeunesse et des sports, le ministère de l’Intérieur et les missions étrangères

Encore un constat décevant sur l’école maternelle. Mandatée par la Wilaya de la région Casablanca-Settat, et en partenariat avec le HCP, la fondation Zakoura vient de mener une étude sur le préscolaire dans la région. Enseignants faiblement qualifiés, structures peu aménagées, des manuels scolaires qui ignorent tout de la psychologie de l’enfant... Que de dysfonctionnements qui montrent l’urgence de la réforme.

La fausse note vient d’abord de l’aménagement des structures. La majorité des éducateurs sondés jugent que les classes du préscolaire ne sont ni bien aménagées ni bien équipées selon les critères et les conditions compatibles avec le préscolaire. Par ailleurs, 30 à 46% des programmes délivrés ne sont pas basés sur des approches scientifiques, ni sur des principes psychologiques centrés sur l’enfant. De plus, les manuels existants sont, pour la plupart, importés (Liban, Jordanie, Tunisie, France, Belgique, ou encore Canada). Et quand ils ne le sont pas, ce sont des ouvrages marocains manquant d’homogénéité psychopédagogique qui servent de base pour les cours. «Cela exprime bien le phénomène de dissonance entre les dispositifs en cours et les objectifs escomptés pour le préscolaire dans la région», relève les auteurs de l’enquête.

Hormis la diversité des approches pédagogiques pour les enfants de 4-6 ans, plusieurs institutions interviennent dans le préscolaire, à commencer par le ministère de l’Education nationale. D’autres ministères tels que les Habous, la Jeunesse et les sports et l’Intérieur sont impliqués. A ces acteurs s’ajoutent les ONG, les missions étrangères et l’Entraide nationale (relevant du ministère de la Solidarité). L’enquête relève une dominance du type d’établissements publics chez l’Entraide et le ministère de la Jeunesse et des sports. Le secteur privé est, lui, très bien représenté au niveau des écoles sous la tutelle du ministère de l’Education nationale, mais également chez les ONG et les missions étrangères. Les ministères des Habous et de l’intérieur, eux, optent plus pour un enseignement traditionnel (Kouttab modernes).

La pluralité de ces acteurs et la diversité des programmes rappellent la nécessité de coordonner l’action de tous ces intervenants dans le domaine du préscolaire pour plus d’efficacité. Car, ne cessera-t-on jamais de le dire, une meilleure prise en charge des enfants à cet âge est déterminante pour l’ensemble de leur scolarité.

Les ressources humaines, c’est une autre paire de manche. L’éducation de la petite enfance est assurée par des éducateurs âgés entre 30 et 40 ans. Seulement le tiers d’entre eux ont une formation initiale dans leur métier. Pour parer à ce manque de compétences, les établissements auxquels ils sont affiliés organisent des formations, tandis que d’autres leur sont offertes par la tutelle. Mais malgré cela, les éducateurs n’acquièrent pas les notions de planification des apprentissages et manquent d’approche psychopédagogique pour la gestion des activités de la petite enfance. «Ils ne connaissent pas les principes de l’enseignement qui respectent la complémentarité entre le développement et l’apprentissage», expliquent les auteurs. En effet, la plupart d’entre eux n’adoptent pas les approches pédagogiques centrées sur l’enfant.

Pour rappel, la généralisation du préscolaire constitue l’un des principaux axes de la stratégie de réforme du système éducatif 2015-2030. Le ministère de l’Education nationale s’est attaqué, pour la première fois, à l’élaboration d’un référentiel national en 2016.

Méthodologie

Mandatée par la wilaya de la région de Casablanca-Settat et le Haut commissariat au plan, la fondation Zakoura a réalisé une enquête qualitative et quantitative sur l’état des lieux du préscolaire dans la région. 23 personnes ont été mobilisées pour cette étude qui a porté sur un échantillon de 486 établissements du préscolaire. L’objectif a été de définir les différentes approches pédagogiques dans l’éducation de la petite enfance, de décrire les mécanismes des ingénieries socioéducatives et pédagogiques en cours, ainsi que de définir les modalités du fonctionnement administratives et organisationnelles.

 

 

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