Evénement

Liquidation Samir: Tout sauf les 43 milliards de DH de dettes!

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:4958 Le 10/02/2017 | Partager
Les deux prétendants excluent la reprise du passif
Le prix n’est pas un paramètre déterminant pour le tribunal
reperes_samir_4958.jpg
 

«Votre carte d’identité s’il vous plaît. C’est la procédure imposée par le tribunal de commerce de Casablanca», s’excuse presque la jeune femme qui accueille L’Economiste à l’entrée de la raffinerie de Mohammedia en ce jeudi 9 février. Est-ce- enfin le bout du tunnel pour la Samir mise en liquidation le 21 mars 2016?
Des vigiles sont disséminés sur le site où le liquidateur devra présenter à la presse la procédure de cession des actifs de la compagnie. Mohamed El Krimi se veut pédagogue: «Le but est d’expliquer le cadre légal qui réglemente la vente judiciaire». Allusion au Livre 5 du code de commerce. Ce cadrage vise aussi à tenir à distance un public décidé à chasser des scoops.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, le syndic judiciaire a tenu à remercier les responsables de la Samir et son équipe pour leurs «immenses efforts». Tout en saluant «la sage décision» de la Cour d’appel de commerce de Casablanca «qui a déclaré la liquidation tout en maintenant la continuité de l’activité de l’entreprise pour trois mois renouvelables».
De là partira le premier message implicitement destiné aux éventuels repreneurs. «La raffinerie Samir est composée de deux éléments indissociables. Le maintien de l’outil industriel et la préservation des emplois», déclare le liquidateur du haut de son estrade. Ainsi, l’acquéreur devra débourser «un faible montant de 40 millions de DH» pour relancer la production dans «un délai allant de 4 à 6 semaines». Sans entretien des machines, «il aurait fallu miser beaucoup plus de fonds et un an et demi pour redémarrer l’activité». L’unité hydrocracking installée en 2009 est présentée comme le gage d’une production à la pointe des attentes du marché local. Avec une capacité journalière de 5.400 tonnes, cet outil industriel «permet une valorisation du fuel en carburants avec un rendement gasoil 10 ppm et Jet A1 (carburant pour avion) de 78%», explique un jeune ingénieur face à une salle attentive.
Pas de maintenance sans ressources humaines. La compagnie compte 900 collaborateurs dont 10% sont des femmes. D’où la portée du cahier des charges mis à disposition des prétendants (voir page 3). Ce document élaboré par le syndic judiciaire contient notamment les titres de participation du groupe Samir. Ce dernier envoie un second message aux prétendants: «Il y a un potentiel (financier) qui pourrait servir au repreneur pour faire fructifier son investissement». L’on compte dix filiales dans la formation, le GPL, transports, logistiques et stockage, raffinage et distribution.

 Dirham symbolique 

«Dès juin-juillet 2016, nous avons commencé à recevoir les premières offres et des délégations d’investisseurs ont visité la Samir. Nos échanges ont fait l’objet d’une procédure», précise le syndic judiciaire. Il a exigé à ses interlocuteurs d’envoyer une manifestation d’intérêt. Tout en écartant  d’office les intermédiaires. Un protocole de confidentialité a été également signé par les parties. «Toutes les données ont été mises à disposition des intéressés à l’exception de celles ayant un intérêt commercial stratégique. Les investisseurs reçus se sont tous montrés enthousiastes…», poursuit le liquidateur.   
Pour l’heure, il n’est pas encore question d’offre sérieuse et ferme. Il est simplement question de manifestation d’intérêt. Les seuls intéressés déclarés à ce jour sont Studio Mazzenti & partners et Anglo Energy DMCC. Le premier est un cabinet d’avocat italien qui agit au nom d’un client anonyme. Sa manifestation d’intérêt est de 31 milliards de DH. Le second, Anglo Energy, y a ajouté un demi-milliard de DH de plus. Interrogé par L’Economiste sur la prise en charge des dettes de la société mise en liquidation, Mohamed El Krimi est formel: «Les dettes ne seront pas prises en charge par le repreneur. Le produit (d’une éventuelle) cession sera distribué aux créanciers selon leur ordre de priorité». Le montant global des dettes s’élève pourtant à 43 milliards de DH.
Parallèlement, l’expertise judiciaire a évalué le groupe Samir à 21 milliards de DH. Non sans susciter les réserves du plus gros créancier, à savoir la Douane. Celle-ci a partiellement contestée l’évaluation du patrimoine immobilier de la société liquidée.    
Le syndic rappelle que le tribunal a tranché dans la mesure où il a validé l’expertise judiciaire. Le liquidateur insiste ensuite sur le fait que la mise à prix n’est qu’un critère parmi d’autres. D’ailleurs, l’avis de cession «ne fixe pas» de prix plancher: «Toutes les offres seront examinées, y compris celle d’un dirham symbolique». Le repreneur devra en tout cas prendre la totalité du patrimoine. Pas de vente au détail: la Samir détient aussi des hôtels et des terrains. Les offres qui seront émises seront examinées par le syndic avant de les transférer au juge-commissaire, Abderrafiî Bouhamria. Il nous donne rendez-vous d’ici 15 jours pour faire un premier bilan sur l’état d’avancement de la procédure.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc