Economie

Urbanisme: Deux nouvelles éco-cités mises en chantier

Par Safall FALL | Edition N°:4936 Le 11/01/2017 | Partager
Après Zenata, Benslimane et Dakhla auront leurs cités vertes
Le département de l’Urbanisme se dote d’une stratégie verte à l’horizon 2040
Objectif: Relever l’attractivité aux investissements
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Zenata n’a pas échappé au boom urbanistique casablancais. En dépit de quelques contraintes de mobilisation du foncier, l’éco-cité a attiré de nombreux investissements dans l’immobilier logistique, d’habitat et d’industrie (Ph. L’Economiste)

L’inspiration verte s’est décidément emparée des politiques publiques. Cette fois-ci, c’est au niveau de l’aménagement des territoires que cela se passe. Le département en charge de l’Urbanisme vient de mettre en concurrence deux contrats relatifs aux études de développement et de conception des éco-cités de Benslimane et de Dakhla. Pour les néophytes de la durabilité, le concept englobe toutes les approches d’aménagement urbain intégrant le développement durable comme composante essentielle (environnement, social et économique).

Ces éco-cités seront, de fait, des zones d’actions d’innovation, d’expérimentations et de transferts. Elles devraient permettre à la tutelle «d’asseoir des modèles de développement urbain soutenables, responsables et attractifs», selon un document du ministère de l’Habitat. Le concept n’est pourtant pas inédit. Il est déjà en déploiement dans la ville satellitaire de Zenata, dans le Grand Casablanca. Le programme d’aménagement, étalé à l’horizon 2020, est géré par la Société d’aménagement Zenata (SAZ), filiale du groupe de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). Sur Benslimane et Dakhla, l’objectif de l’étude commanditée par la tutelle devra donc intégrer les différents défis liés à l’efficacité économique, l’équité sociale et la protection de l’environnement comme ingrédients nécessaires d’un cadre de vie durable.

Ces villes n’ont pas été choisies par hasard. «Dakhla jouit d’une position dominante dans sa région étant donné qu’elle regroupe plus de 85% de la population régionale et qu’elle concentre la quasi-totalité des équipements et des activités économiques», explique-t-on  auprès de la tutelle. La ville dispose également d’un potentiel touristique. Le  plan proposé reposera principalement sur la baie de Dakhla, classée site d’intérêt biologique et écologique (SIBE). Quant à Benslimane, elle s’est imposée en tant que ville à vocation éco-touristique et de loisirs. Elle affiche aujourd’hui la volonté de se positionner en tant que «ville verte». Sa position intermédiaire sur l’axe économique Rabat-Casablanca renforce ce potentiel.

Les éco-cités ne seront que les premières pierres d’une vision beaucoup plus vaste. A travers ces projets, la tutelle vise en effet la mise en place «d’une stratégie opérationnelle» en matière de développement urbain durable. Concrètement, cela passera par des plans d’action traitant de façon intégrée les questions de transport et de mobilité, de services urbains, d’habitat, d’énergie, de ressources et d’organisation urbaine. Tout cela dans une optique de croissance et d’attractivité économique des villes. Le département de l’Habitat vient d’ailleurs de lancer un Programme national de l’urbanisme durable à l’horizon 2040.

Cette vision est fondée sur quatre piliers opérationnels et stratégiques portant sur la planification stratégique durable, la résilience des territoires, ou encore la durabilité et la transformation numérique des territoires. Il s’agira, sur le terrain, de mettre en œuvre  de nouveaux modes d’intervention permettant le développement d’éco-cités et d’éco-quartiers. Rappelons que le Royaume connaît une urbanisation accélérée depuis une bonne décennie, atteignant un taux de 65% en 2014 (urbain et périurbain). Cette dynamique a imposé de multiples transformations profondes au fonctionnement spatial.

Villes vertes… à problèmes?

EN attendant que tout cela se mette en place, les nouvelles cités vertes ont d’importants défis à relever dans l’aménagement de leurs territoires respectifs. Benslimane, par exemple, est confrontée à de nombreuses problématiques liées à la préservation des terres agricoles et l’implantation des unités industrielles. Le plan en préparation devrait remettre de l’ordre sur ce terrain. L’occupation anarchique du littoral et le développement de la dynamique économique et des infrastructures touristiques, sont aussi parmi les problématiques les plus actuelles de la localité. A Dakhla, les principales problématiques identifiées sont plutôt relatives à l’accès aux infrastructures et aux équipements de base. La ville est pourtant sur un important trend de développement économique qui soulève aussi la question de la gestion et de l’exploitation foncière.

 

 

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