Economie

Banque mondiale: Regain de croissance pour le Maroc

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4936 Le 11/01/2017 | Partager
4% en 2017 contre 1,5% en 2016
La hausse de la production agricole devrait soutenir cette reprise
L’Egypte et la Tunisie continuent leur rattrapage, la dégringolade se poursuit pour l’Algérie
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La Banque mondiale anticipe une croissance de 4% en 2017 pour le Maroc. Il fera mieux que ses voisins tunisien et algérien cette année. A moyen terme, le Maroc devrait être capable d’accélérer sa croissance. Pour cela, il devra compter sur la bonne performance des industries nouvelles, l’expansion des entreprises marocaines en Afrique… Le pays profiterait aussi de la légère amélioration attendue dans la zone euro

Pour sa première sortie médiatique cette année, la Banque mondiale est optimiste pour la croissance au Maroc. Elle prévoit un taux de 4% en 2017 dans ses perspectives économiques publiées le 10 janvier. La reprise devrait être soutenue par la hausse de la production agricole. Le taux devra légèrement baisser en 2018 et 2019 de respectivement 3,5% et 3,6%. Les prévisions de la Banque mondiale sont aussi enthousiastes que celles du HCP pour le 1er trimestre 2017: 3,9% au lieu de 1,7% une année plus tôt.

Le rythme de croissance de la valeur ajoutée non agricole s’accélérerait pour atteindre 2,7% alors que la valeur ajoutée agricole serait sur une hausse de 11,1%. L’économie a également progressé de 1,2%, au quatrième trimestre 2016, au lieu de 0,8% un trimestre auparavant. Le FMI anticipe pour sa part une croissance de 4,8% au Maroc en 2017. La mise à jour de ses perspectives de l’économie mondiale est prévue pour le 16 janvier.

Pour la Banque mondiale, le Maroc fait partie des pays importateurs de pétrole qui ont profité de la baisse des cours pour réduire leurs déficits courants en 2016. A moyen terme, le Royaume devrait être capable d’accélérer sa croissance. Pour cela, il devra compter sur la bonne performance des industries nouvelles (automobile, aéronautique, électronique). L’expansion des entreprises marocaines en Afrique de l’Ouest peut consolider sa position dans les chaînes de valeur mondiales. Renforcer la gouvernance, améliorer le climat d’investissement, une plus grande flexibilité des taux de change aideraient à absorber les chocs. Le Maroc profiterait de la légère amélioration attendue dans la zone euro.

Dans la région, plusieurs pays remontent la pente. C’est le cas de la Tunisie qui devra renouer avec la croissance. De 2% en 2016, elle devra passer à 3% en 2017. Il faut s’attendre à une évolution de 3,7% et 4% pour les deux prochaines années. La croissance à Tunis a été freinée par les retombées des attentats. Mais le pays a réussi à affronter les contrecoups économiques et entretenir la dynamique des réformes. Il accélère aussi ses investissements. Face à ses difficultés financières, l’Algérie aura à subir un revers cette année: 2,9% contre 3,6% en 2016. Et ce, en raison d’un recul des dépenses en travaux publics et des retards dans les réformes fiscales et des subventions.

L’Egypte connaîtra pour sa part un rattrapage plus rapide (4,4% en 2017 et environ 5% en 2018 et 2019). Globalement, la croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord devrait légèrement augmenter pour atteindre 3,1% en 2017. Les importateurs de pétrole enregistrant la progression la plus importante. La forte reprise de la croissance des investissements en 2015, à 4%, reflète les efforts déployés pour répondre aux besoins en infrastructures en Egypte et au Maroc.

L’amélioration de la gouvernance et de la protection des investisseurs pourraient également soutenir les investissements du secteur privé, tout comme les incitations à conclure des partenariats public-privé (par exemple au Maroc). Toutefois, l’ampleur de l’ajustement budgétaire dans ces pays importateurs a été insuffisante pour réduire la dette publique ces dernières années. Elle s’élève à près de 100% du PIB en Egypte, 95% en Jordanie et 145% au Liban. Le ralentissement de la croissance du PIB en 2016 dans certains pays (Maroc et Jordanie) a également contribué à l’augmentation des ratios dette/PIB.

Parmi les pays exportateurs de pétrole, l’Arabie saoudite devrait croître légèrement au rythme de 1,6% en 2017. L’Iran affichant une croissance de 5,2%, à la faveur de la poursuite de l’augmentation de sa production pétrolière et de l’expansion des investissements étrangers. Ces prévisions tablent sur une hausse des prix pétroliers, avec un baril à 55 dollars en moyenne cette année.

                                                                             

Légère accélération dans le monde

La croissance économique mondiale devrait s’accélérer modestement pour atteindre 2,7% en 2017, malgré la faiblesse de l’investissement, indique la Banque mondiale dans le «Global Economic Prospects». Un document publié à quelques jours du Forum économique mondial de Davos qui aura lieu du 17 au 20 janvier.

Dans les économies avancées, la croissance devrait légèrement progresser pour s’établir à 1,8% cette année. La relance budgétaire dans les grandes économies, particulièrement aux Etats-Unis, pourrait provoquer une accélération de la croissance intérieure et mondiale plus forte que prévu. Bien que le renforcement du protectionnisme puisse avoir des effets négatifs. Donald Trump prendra officiellement ses fonctions le 20 janvier mais des doutes demeurent sur la politique qu’il mènera. «Ses promesses électorales sont dangereuses», a averti par voie de presse Larry Summers, professeur à Harvard et ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et ex-conseiller économique de Barack Obama. Il risque même de provoquer la prochaine crise financière! Dans l’immédiat, les marchés de devises subissent des fluctuations dans un contexte d’incertitudes.

Pour la Banque mondiale, la croissance des marchés émergents et des économies en développement, pris dans leur ensemble, devrait passer cette année à 4,2% contre 3,4%, l’an passé. Ceci, sur fond de hausse limitée des prix des produits de base. Les perspectives sont toutefois hypothéquées par les incertitudes pesant sur l’orientation des politiques publiques dans les grandes économies. Une période d’incertitudes qui s’installe pourrait prolonger l’atonie de la croissance des investissements, qui freine les pays à faible revenu, à revenu intermédiaire et à revenu élevé.

 

 

 

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