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Société

Parc national du Haut Atlas Oriental: L'écotourisme pour conserver la biodiversité

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4934 Le 09/01/2017 | Partager
Un projet associatif soutenu par la convention-cadre pour la conservation et la gestion durable de la biodiversité et de la protection de la nature
Formation sur la biodiversité et mise à niveau environnementale des structures d’accueil
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Le parc national du Haut Atlas oriental s’étend sur la portion orientale du Haut Atlas, entre la localité d’Imilchil et la pointe de Jbel Aberdouz. Les montagnes, les vallées, les hauts plateaux et les lacs offrent à ce site un atout économique de grande valeur. Un atout que l’association Aghbalou a saisi afin de mettre en place un projet ambitieux pour le développement de l’économie locale (Ph. HCEFLCD)

Le parc national du Haut Atlas Oriental s’étend entre la localité d’Imilchil et la pointe de Jbel Aberdouz et inclut le plateau des lacs Isli et Tislit à l’Ouest. Ce site englobe une importante biodiversité végétale et animale qui, malheureusement, continue de subir l’impact humain. Les montagnes, les vallées, les hauts plateaux et les lacs offrent pourtant à ce site un atout économique de grande valeur. Un atout que l’association Aghbalou a saisi afin de mettre en place un projet ambitieux pour le développement de l’économie locale. Le projet porte sur la «Préservation de l'environnement et le développement de l'écotourisme dans le parc national et la vallée d'Assif Melloul».

L’objectif est de conserver la biodiversité et proposer des alternatives économiques pour la population en même temps. Ce projet rentre dans le cadre du Programme des petites initiatives pour les organisations de la société civile en Afrique du Nord (PPI-Oscan) lancé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). C’est l’une des déclinaisons de la convention signée entre le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD) et l’UICN visant à renforcer leurs relations en matière de conservation et gestion durable de la biodiversité et de protection de la nature. Ainsi, en décembre dernier, une session de formation sur la biodiversité du parc national du Haut Atlas Oriental a été organisée au profit des opérateurs touristiques locaux. La formation a profité aux  propriétaires d'auberges et de gîtes, des acteurs associatifs et des responsables communaux.

Il s'agit de la sixième étape de la mission d'évaluation des projets PPI-Oscan dans la zone. Cette formation a été accompagnée de visites de terrain afin d’évaluer des actions antérieures menées dans le cadre de ce projet. Ces actions ont porté sur la mise à niveau environnementale de deux structures d'accueil au niveau de la vallée d’Assif Melloul.  La mise à niveau inclut la consommation du bois, l'isolation thermique, l'utilisation de l'énergie solaire comme alternative et l'introduction du tri des déchets. Ce modèle d’établissements respectueux de l’environnement a réussi à faire cette transition et pourrait de ce fait être dupliqué dans d’autres parcs nationaux.

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La mise à niveau environnementale de deux structures d’accueil à Assif Melloul a concerné la consommation du bois, l'isolation thermique, l'utilisation de l'énergie solaire comme alternative et l'introduction du tri des déchets (Ph. PPI-Oscan)

«Les actions menées dans le cadre de ce projet ont un double impact. Ils permettent d’une part d’enclencher une dynamique économique pour améliorer les conditions de vie de la population, et d’introduire d’autre part les notions du développement durable et de la préservation de la nature à travers la sensibilisation et la démonstration», explique Brahim Abouelabbes, ingénieur en chef du HCEFLCD et coordinateur national au Maroc du PPI-Oscan.
En effet, la préservation de la biodiversité est un axe stratégique de la politique du HCEFLCD. La végétation du parc national du Haut Atlas Oriental comprend des forêts de cèdre, de chêne vert et de genévrier et de vastes étendues de steppes au-dessus de 3000 mètres d’altitude. La cédraie est d’un intérêt particulier parce qu’elle est la seule au Maroc à occuper un vaste territoire de montagne rocheuse. De plus, cette zone accueille une importante population de mouflons à manchettes, mais malheureusement a vu aussi la disparition de celle de gazelles de Cuvier qui y vivaient à l’état sauvage.

Dans ce vaste territoire on y trouve également le singe magot, le sanglier, ainsi que plusieurs espèces d’oiseaux et de rapaces. Récemment, les habitants ont même observé le retour de la loutre dans l'oued Assif Melloul. Cette biodiversité végétale et animale est précieuse  et constitue en même temps un atout économique majeur pour les populations vivant dans cette zone. A condition de respecter un certain nombre de directives environnementales. L'association Aghbalou travaille actuellement sur la réalisation d'un topoguide, d'une charte de l'écotourisme et sur la mise en place d'un circuit éco-touristique reliant la grotte d'Akhiam, la vallée d'Assif Melloul et le plateau des lacs du parc national du Haut Atlas Oriental.

Le HCEFLCD a travaillé de son côté sur le volet reboisement en mettant en place une pépinière qui servira à restaurer la végétation sur plusieurs zones de la vallée d’Assif Melloul. Ainsi, à travers des actions portées par la société civile locale et soutenues par le HCEFLCD, le parc national du Haut Atlas Oriental a plus de chance de préserver sa biodiversité végétale et animale.

Dix projets pour la conservation des écosystèmes au Maroc

C’est en 2013 qu’un accord cadre de coopération a été signé entre le Centre de coopération pour la Méditerranée de l’UICN et le HCEFLCD. Le but était de renforcer le réseau national des aires protégées terrestres, côtières et marines et de travailler pour identifier et soutenir la conservation de zones clés pour la biodiversité au Maroc. Parmi les objectifs de cet accord figurent le soutien des associations de la société civile marocaine pour le développement de projets dans les domaines de conservation et la valorisation de la biodiversité et l'éducation environnementale. Dix projets ont été retenus à l’échelle nationale suite à un appel à projets, bénéficiant d’une subvention estimée à 2.796.000 DH, via le programme PPI-Oscan.

 

 

 

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