Régions

Casablanca: 3e structure pour recaser les marchands ambulants

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4931 Le 04/01/2017 | Partager
Plus de 800 commerçants sortis de l’informel à Sidi Bernoussi
24 plateformes de commerce de proximité programmées
Objectif: atteindre les 4.000 bénéficiaires d’ici 2019
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La plateforme de Anassi, en cours d’aménagement, s’étend sur une superficie de 2.400 m2. Elle accueillera plus de 300 vendeurs ambulants, non loin de l’ancien site du bidonville Sekouila (Ph. Khalifa)

L'opération de réinsertion des vendeurs à la sauvette se poursuit à Bernoussi. La 3e plateforme de commerce de proximité (PCP) s’apprête à ouvrir ses portes au quartier Anassi (Sidi Moumen). En tout, plus de 300 marchands ambulants auront leurs stands sur ce marché, flambant neuf. Outre les rayons fruits-légumes et habillement, le nouveau PCP comptera également une trentaine de poissonniers et un espace de restauration (Maklati) regroupant une vingtaine de bénéficiaires. La plateforme, située non loin de l’emplacement de l’ancien bidonville Sekouila, s’étend sur une superficie de 2.400 m2.
Anassi emboîte donc le pas aux PCP de Abi Dor El Ghifari et Al Firdaous, lancés en 2015  (cf. édition du 13 janvier 2016). Les 300 nouveaux bénéficiaires s’ajoutent donc aux 500 déjà insérés. En tout,  800 vendeurs sont  sortis de l’informel en l’espace d’un an. Et ce n’est pas fini. Plusieurs structures sont aujourd’hui en cours de construction (à différentes phases d’avancement). Les quartiers Azhar, Madinati, Anassi extension, Maâguiz, Abbas El Ghadaoui… accueilleront à leur tour des structures similaires. Objectif: atteindre les 4.000 bénéficiaires sur 24 plateformes à l’horizon 2019.
A Sidi Bernoussi, la réinsertion des marchands ambulants a permis de libérer totalement le domaine public sur certains axes. D’ailleurs, les travaux d’aménagement de la 2e ligne de tramway n’auraient pu démarrer si les voiries n’étaient pas

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Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale (BM) pour le Maghreb, a fait ses emplettes au PCP «Al Firdaous». Lors de sa visite effectuée la semaine dernière à Sidi Bernoussi, la responsable régionale a pu constater de visu l’aboutissement des projets financés en partie par la Banque mondiale, dans le cadre de l’INDH (Ph. Adep)

dégagées. La circulation dans la zone limitrophe de la mosquée Tarik était quasiment impossible avant cette opération.
La réussite du concept encourage donc ses initiateurs à dupliquer le modèle sur l’ensemble de Sidi Bernoussi, l’un des arrondissements les plus peuplés de la métropole (plus de 600.000 habitants). D’autres préfectures suivent de près cette expérience et comptent s’en inspirer.
Le concept de plateforme de commerce de proximité (PCP) vise, rappelons-le, à lutter contre l’informel et l’occupation du domaine public par les marchands ambulants.
Selon un diagnostic établi au niveau de Sidi Bernoussi, à peine 5 marchés organisés sont implantés sur ce territoire, dont la superficie s’élève à 38,5 km2 et qui abrite plus de 600.000 habitants. Autrement dit: un marché dessert en moyenne 120.000 habitants et couvre 8 km2. Du coup, les vendeurs ambulants ont investi le domaine public sur plus de 43 points anarchiques.
Plus de 814 vendeurs ambulants ont été recensés avant le lancement de l’opération de réinsertion. A ce jour, ils sont déployés sur deux plateformes opérationnelles.
L’Adep, l’association qui accompagne le processus de réinsertion, organise régulièrement des formations au profit des bénéficiaires. Objectif: les sensibiliser et les accompagner pour l’inscription au statut d’auto-entrepreneur. Ce nouveau régime recèle de multiples avantages pour ces vendeurs, sortis de l’informel. Sa simplicité administrative dispense, notamment, de la tenue d’une comptabilité complexe. Il permet également  l’accès à une protection sociale, une fiscalité adaptée et réduite, ainsi que la bancarisation des auto-entrepreneurs. Ces derniers pourront aussi  accéder à des crédits similaires à ceux octroyés à la TPE et non seulement aux services bancaires dédiés aux personnes physiques.

Formule inédite

Les plateformes de commerce de proximité sont aménagées et gérées suivant un concept simple. Chaque bénéficiaire doit verser un ticket d’entrée de 6.000 DH et un loyer mensuel de 1.200 DH (reversés directement sur un compte dédié). Les recettes sont réparties entre l’entreprise qui gère ces structures «Park Zine» (à hauteur de 85%) et l’Adep, l’association de développement des espaces publics (15%). Le plus gros des recettes mensuelles d’un PCP (370.000 DH environ) est consacré à la gestion quotidienne (frais de sécurité, propreté, redevances eau/électricité…)  et au paiement des salaires. En effet, ces structures permettent, non seulement de sortir les vendeurs de l’informel, mais aussi d’assurer un emploi aux jeunes chômeurs du quartier. A ce jour 83 postes sont créés sur les 2 plateformes opérationnelles (sécurité, hygiène…). Quant aux recettes allouées à l’Adep, elles servent à l’aménagement d’autres structures (dont le coût s’élève à près de 22.000 DH/bénéficiaire). Un simple calcul permet d’en déduire qu’une structure comme celle de Anassi (qui abritera 300 bénéficiaires) sera aménagée pour une enveloppe globale de près de 6,6 millions de DH. Le soutien de l’INDH, via la société civile, contribue également au financement des PCP.

 

 

 

 

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