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Politique

Benkirane: «C’est la faute des autres»

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:4929 Le 02/01/2017 | Partager
Le chef de gouvernement désigné continue de faire du sur-place
On ne sait toujours pas s’il existe un programme de gouvernement

Reste ouverte, et ce depuis trois mois moins 5 jours, la question du gouvernement que Benkirane n’arrive pas à former. L’affaire de la Mauritanie puis la querelle de l’Istiqlal changent-elles la donne?
Outre la reprise en main du conseil, puis la concession d’une commission, Hamid Chabat a fait un troisième coup, mais aussi deuxième concession et non des moindres.
Il a annoncé qu’il ne mènera plus personnellement les discussions avec Abdelilah Benkirane sur la participation de l’Istiqlal au prochain gouvernement. Une commission, composée de Hamdi Ould Rachid, Bouamor Taghouane et Mohamed Soussi, a pris le relais et a été reçue par Benkirane, dès le samedi 31 décembre, dans la soirée, dès la fin des travaux de la session extraordinaire du Conseil national du parti. Chabat a, en outre, déclaré que: «Il n’était et n’est nullement dans ses attentions de briguer un quelconque portefeuille ministériel». Le contraire aurait été difficilement tenable après les difficultés très sérieuses et pas encore soldées que Chabat a créés avec le plus proche voisin du Maroc et le plus susceptible, la Mauritanie.  Benkirane est allé lui-même présenter les excuses du Maroc pour les propos qualifiés «d’irresponsables» du SG de l’Istiqlal.
Les déclarations du chef de gouvernement désigné se voulaient rassurantes à l’issue de sa rencontre avec le président Mohamed Ould Abdelaziz. Mais les images de cette rencontre ont dit exactement le contraire: rencontre loin de la capitale, pas de drapeau marocain, pas d’accueil à la hauteur du visiteur… et surtout pas la moindre déclaration commune.
En diplomatie, cela s’appelle le grand froid et on ne sait encore pas comment la facture va être soldée par les autres pays africains, y compris le Sénégal, visé lui aussi par Chabat. Le Maroc va-t-il payer les conséquences au sein de l’Union africaine? Sur les contrats de ses entreprises? Sur le Sahara? Sur les trois tableaux? Ou plus encore?
En fait, Benkirane n’a pas réussi à sauver la face lors de ce malheureux épisode. Lequel vient en outre après l’affaire du soutien à l’assassin de l’ambassadeur russe en Turquie.
De retour au Maroc, Benkirane a repris langue avec l’Istiqlal, mais avec le risque de perdre le RNI, qui mesure les dégâts que le scandale Chabat va encore engendrer.
Quelle sera la réaction d'Akhannouch qui dit ne pas vouloir être dans le même gouvernement que Chabat?
En attendant, Abdelilah Benkirane, lui, fait encore du sur-place. C’est à croire qu’il avance d’un pas pour en faire deux en arrière. Le comble, c’est qu’il continue de rendre les «autres» responsables de son échec à former son gouvernement. Mais qui sont ces «autres»? S’agirait-il du RNI d’Aziz Akhannouch?
Tout le monde le sait, Benkirane tient à avoir cette formation politique dans son équipe. Mais Aziz Akhannouch ne transige pas sur les principes. Il a des conditions. Pas question de rompre l’alliance avec l’Union constitutionnelle (UC) de Mohamed Sajid, pas question non plus de participer à un  gouvernement aux côtés de l’Istiqlal après le scandale de Chabat.
Akhannouch aurait également exigé la formation d’un gouvernement «homogène et efficace selon un programme clair». Benkirane n’aurait-il pas déjà un programme?
Il y a aussi un désaccord entre les deux leaders au sujet du nombre de départements ministériels: Benkirane  veut «l’éclatement» de certains grands ministères pour satisfaire, dit-on,  les partis qui lui ont dit «oui»; par contre Akhannouch souhaite moins de ministères dans l’objectif de «créer de grands pôles ministériels». Quelle sera donc la réponse du berger à la bergère?

 

 

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