Politique

The Atlantic Dialogues redistribue les cartes

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4918 Le 16/12/2016 | Partager
Pendant que le Nord se fragilise
Le Sud, et surtout l’Afrique, s’impose pour l’avenir
Echange tous azimuts entre les pays
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L’ancien président argentin, Eduardo Alberto Duhalde, est venu confirmer à l’auditoir l’ouverture de l’Amérique latine au monde et le rapprochement attendu avec l’Afrique, en rappelant que le Brésil y a beaucoup investi (Ph. Mokhtari)

Les pays du Sud aspirent aujourd’hui à une meilleure coopération entre eux et à une meilleure intégration dans l’ensemble du bassin atlantique. D’autant que sur le volet économique, l’accélération de la croissance de l’Afrique s’est généralisée.
En effet, 27 de ses 30 plus grandes économies sont en expansion depuis 2000, et selon la Banque mondiale, les pays africains occupent la première place parmi les 50 économies ayant apporté les plus importantes améliorations en termes d’environnement réglementaire depuis 2005. Par ailleurs, les dépenses en infrastructures ont doublé au cours de la dernière décennie et se situent maintenant à 3,5% du PIB. De quoi largement s’imposer. Alors, le fil rouge de ces Dialogues Atlantiques 2016 est l’échange tous azimuts entre les pays, qu’ils soient développés ou en développement, en initiant surtout le changement de nos cartographies mentales. Car, un peu partout, le rejet des partis politiques par les citoyens est massif. L’ancien président argentin enjoint «les politiciens à se rendre compte que c’est eux le problème!». Présent à l’événement, il est venu confirmer à l’auditoire l’ouverture de l’Amérique latine au monde. Approcher l’Afrique surtout en rappelant que le Brésil y a beaucoup investi. «Nous croyons que les grandes richesses du bassin atlantique doivent être mises en avant du point de vue économique. Nos importants bassins hydriques sont un exemple de bénéfice que nous offrons», explique Eduardo Alberto Duhalde.
Paulo Portas, l’ancien vice-Premier ministre du Portugal, enfonce le clou en affirmant que «la mondialisation a tué les idéologies. Le 1% de la population mondiale qui a autant de revenu que 50% de la planète réunis remet en question les institutions et la démocratie comme nous la définissons».
Les pays européens sont en effet englués dans un problème politique idéologique sérieux. S’y ajoutent une population vieillissante, une opposition à l’immigration et des protestations quotidiennes pour plus de droits, tout cela forge une rupture. Fort de la croissance africaine et de sa démographie grandissante qui verra le continent abriter, dans les années à venir, la population la plus jeune du monde, Carlos Lopes, l’ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), dépendant des Nations unies, ironise en disant que «ce sont les Africains qui vont développer leurs économies dans l’avenir». Finissons sur la réplique antiglobalisation d’Adam Posen, président de Peterson Institute for international economics, «l’Allemagne, les Etats-Unis ou l’Afrique du Sud sont des hommes blancs qui décident de ce dont ils n’ont pas à souffrir». Au cours de cet événement international, le côté sud de l’Atlantique s’est clairement imposé dans les débats, et sans langue de bois!

 

 

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