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Economie

Finance-climat : La Banque mondiale mise sur les marchés de capitaux

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4869 Le 05/10/2016 | Partager
Elle aide ses clients à émettre des obligations vertes pour leur propre compte
Un secteur novateur, la SFI a émis 5,3 milliards de dollars
Des assurances pour les agriculteurs contre les aléas climatiques, à l’étude
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«Les changements climatiques vont avoir des effets dramatiques sur les pauvres et risquent de mettre en péril tout ce que nous avons réalisé au cours des 20 dernières années», souligne  Christian Grossmann, directeur du département changements climatiques à la Banque mondiale (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: A la veille de la COP22, que compte proposer la Banque mondiale?
- Christian Grossmann:
Le changement climatique est l’une de nos priorités globales, sur lesquelles nous avons travaillé depuis plusieurs années. Nous avons présenté un plan ambitieux pour augmenter nos engagements dans le secteur climat. De 20%, nous voulons atteindre 28%  d’ici 2020. Les changements climatiques vont avoir des effets dramatiques sur les pauvres et risquent de mettre en péril tout ce que nous avons réalisé au cours des 20 dernières années. Ils touchent tous les secteurs où nous sommes actifs. Nous allons renforcer nos activités dans ce domaine. Attention,  nous ne le voyons pas seulement comme une menace mais comme une opportunité pour le secteur privé.  Un créneau pour faire des opérations profitables, qui génèrent de l’emploi et qui permettent de trouver, avec l’environnement des taux actuels, de nouveaux marchés.

- Quels sont les outils financiers développés pour accompagner vos clients?
- Nous travaillons dans des secteurs assez novateurs comme les assurances au profit des agriculteurs contre les impacts météorologiques. Les obligations vertes sont un nouveau secteur qui s’est développé. La SFI a émis 5,3 milliards de dollars. Nous sommes là pour aider nos clients du secteur financier à émettre des obligations vertes pour leurs propres comptes. L’avantage est de développer, au niveau local, les marchés des capitaux. Nous avons réalisé des opérations pour des banques en Turquie, en Inde et en Chine. Pour le Maroc, c’est aussi un secteur prometteur.

- Les pays africains peinent à bénéficier des financements du fonds vert à cause des difficultés de préparation des «projets bancables». Avez-vous prévu des mesures de renforcement des capacités des acteurs dans ce domaine?
- Nous avons un organisme, l’Association internationale pour le développement (IDA), dédié aux pays pauvres, notamment subsahariens, avec une allocation importante pour les pays d’Afrique. C’est vrai, dans ces pays, il est très difficile de s’adresser aux marchés des capitaux internationaux. A la SFI, nous travaillons beaucoup dans ce continent. Pour le secteur climat et dans d’autres, nous essayons de faire venir des investisseurs. Très souvent, nous utilisons un instrument, à savoir le «blender finance», avec une composante donnée par la SFI selon les termes commerciaux et une autre sous forme de dons. Il y a des montages qui permettent d’offrir des taux plus intéressants.

- Le développement de la «finance-climat» est-il l’une des priorités en matière d’accompagnement de la mise en œuvre de l’Accord de Paris?
- La réponse courte, c’est absolument oui. Toute initiative pour l’infrastructure ou les activités climat en particulier, a besoin d’investissements et de réalisations qui doivent être financés. C’est le rôle de l’ensemble du système financier, pas seulement celui des institutions financières. Les flux émanent principalement du secteur privé dépassant largement les capacités des organismes financiers. Une étude de l’OCDE a montré que ces institutions n’arrivaient à mobiliser qu’entre 60 à 70 milliards de dollars par an. Or, les besoins pour les infrastructures et autres activités nécessitent des milliers de milliards de dollars. Nous allons lancer une étude à l’occasion de la COP22 à Marrakech sur les opportunités pour le secteur privé dans le financement vert par région. Nous en avons réalisé une sur l’Amérique latine qui a montré que les enjeux étaient énormes. Et la bonne nouvelle est que des groupes bancaires ont déjà annoncé leurs intentions d’investir dans le secteur climat.
Il est absolument crucial qu’on sache mobiliser ces flux et ces investissements dans un environnement marqué par des taux très bas. Il faut trouver les créneaux pour les investisseurs institutionnels.
Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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