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L'Edito

Syndicats

Par L'Economiste| Edition N°:4515 Le 29/04/2015 | Partager

L'UMT, la CDT et une partie de la FDT ont décidé de ne pas organiser de défilé pour le 1er mai. Elles protestent contre la politique menée par le gouvernement et «l’absence de dialogue social».
C’est en soi un événement grave. Il peut donner lieu à deux lectures. La première dirait que ces centrales craignent de ne pas avoir de quoi meubler des défilés impressionnants. Ce qui est peut-être vrai; cependant, l’analyse est nettement insuffisante.
La deuxième lecture amène à s’interroger sur le vide ainsi créé.
Les syndicats sont et restent un pilier du fonctionnement de tout Etat moderne et démocratique. Ils peuvent être énervants, perturbants… Mais ce sont des corps intermédiaires qui contribuent à canaliser et formaliser pour exprimer une bonne partie des attentes de la société.
C’est certes un phénomène universel: les grandes centrales généralistes perdent leur influence au profit de regroupements plus restreints, basés sur les professions et métiers. Malgré tout, les grands syndicats demeurent un canal important, le perdre rendrait notre système boiteux.
Plus fondamentalement,  il apparaît peu à peu que nous sommes en présence de deux conceptions de l’Etat.
Il y a celle du PJD considérant que le pouvoir lui appartient et qu’il est le vrai représentant de la société;  tous les autres, partis, syndicats et ONG, ne sont que des perturbateurs. C’est évidemment une conception totalitaire.
L’autre conception est portée par un esprit libéral, considérant que la société est naturellement traversée de courants  et d’intérêts divers. Dans cette vision, gouverner même quand on est majoritaire, oblige à prendre en considération les divers autres points de vue et à  négocier constamment entre les divers groupes composant la société.
Abdelmounaïm DILAMI
 

Abdelmounaïm DILAMI

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