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    L'Edito

    Sursis

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5109 Le 19/09/2017 | Partager
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    L'affaire Sita El Beida montre bien que la question du financement des services urbains est éternellement posée. Ni les régies engluées dans l’inertie et l’inefficacité des structures publiques, ni les multinationales pressées par le diktat des prix de transfert et de la valorisation boursière ne semblent être pour l’heure la panacée. Si l’image de l’expérience marocaine en matière de gestion déléguée est un peu plus écornée, il faut regarder sous le capot pour en comprendre les déterminants.

    Le modèle économique est alléchant, en apparence seulement. Dans la configuration de ce partenariat public-privé, les communes prennent en charge les orientations politiques tandis que les délégataires s’occupent de l’exploitation. Or le seuil de rentabilité est rarement atteint, du moins pas selon la logique d’un fonctionnement normal du marché. Il n’y a pas beaucoup d’options.

    Lorsque les redevances des usagers ne sont pas au rendez-vous, il faut alors couper dans les investissements, gonfler les volumes déclarés d’ordures ramassées, comme le soupçonnent fortement les élus, ou alors se servir dans le cimetière des vieilles carcasses de la RATP comme le fait si bien m’dina bus à Casablanca.

    L’alchimie et l’équilibre des comptes sont donc extrêmement précaires. Encore faut-il espérer que les concessions n’aient pas à composer avec les éventuels cygnes noirs, les investissements «afak» (s’il vous plaît), c’est-à-dire sans contrepartie financière, très typique de la gouvernance locale au Maroc. Lydec par exemple a dû connecter à l’eau et à l’électricité les bidonvillois casablancais alors que le contrat signé avec les autorités il y a 30 ans n’en faisait guère mention!

    Dans ces conditions, il ne faut pas  s’étonner si la recherche de compromis délégataire-délégué converge vers la question des subventions négociées au début ou au renouvellement des contrats ou finit par tourner au rapport de force, loin de la naïveté lénifiante des engagements de services publics et de solidarité. Et gare à celui qui y laissera des plumes. Au Maroc, la gestion déléguée vit donc en sursis.

     

     

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