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    L'Edito

    Risques

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5549 Le 04/07/2019 | Partager
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    EN mythologie grecque, le porteur de mauvaises nouvelles est toujours tenu pour responsable. C’est à ce syndrome du messager que s’expose le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS) qui s’est réuni avant-hier. Que l’évaluation des risques soit devenue un rituel stratégique, mais complexe, ne fait guère de doute.

    Sur un sujet où l’échelle de graduation des menaces est protéiforme (crise d’un système financier et/ou économique, contamination intersecteurs, faillite d’un Etat) et appelée à des mises à jour fréquentes (il faut se féliciter de voir le CCSRS se mettre en veille sur les cyberisques), le plus important est de ne pas tricher avec la réalité. D’emblée, le contraste est frappant entre d’un côté, la résilience que dégage le nerf de la guerre que sont les banques et les assurances et de l’autre, la grisaille que renvoie l’actualité dans beaucoup d’autres secteurs. Ce décalage peut nourrir une logique de bouc émissaire dont la politique de régulation financière peut être la première à faire les frais. Il est par exemple tentant de reprocher à la Banque centrale de ne pas faire assez pour atténuer les effets de la crise. Mais est-ce véritablement son rôle. En réalité, le premier niveau de lutte contre les risques systémiques consiste à bien négocier la performance économique. Or c’est une tâche qui incombe avant tout au gouvernement, interpellé sur la rapidité à conduire des réformes.

    La faible période de croissance amène malheureusement à s’interroger pour la énième fois sur les déterminants structurels de ces fragilités. Les maigres résultats à l’export, le déficit de spécialisation du tissu productif, l’incapacité chronique à soigner les finances publiques, la crise des délais de paiement, l’assainissement du budget, le fiasco du capital humain. Et dans la foulée, des erreurs d’appréciation lourdes de conséquences comme pour la compétitivité coût. Des erreurs qui assurent des victoires éphémères, et irrégulières, de résorption du chômage, mais camouflent de graves problèmes de faible productivité. C’est incontestablement là où devraient s’exprimer les premières thérapies contre les risques.

     

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