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L'Edito

Politisation

Par Nadia SALAH| Edition N°:4847 Le 31/08/2016 | Partager
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C'est un pas de la plus haute importance. La centrale de Miloudi Moukharik abandonne son «neutralisme» maintenu depuis sa création en 1955. On se souvient des débats autour de l’arrivée de la CGEM chez les conseillers. Il n’avait pas été facile à sa présidente de convaincre ses pairs de livrer bataille pour obtenir les sièges réservés aux employeurs par la Constitution de 2011. Parmi les réticences, un argument a fait mouche, celui de la politisation, vécue comme un risque ou comme une compromission. L’exemple des Chambres consulaires n’était pas encourageant, au contraire.
Pour fixer le contexte, il faut rappeler que les 30 premières années de l’Indépendance se sont construites sur la pacification politique autour du Trône. Il était malvenu et mal vu de politiser  la vie publique et ce au profit des experts technocrates. Leur pouvoir était rendu légitime par le choix royal, et aussi par leurs capacités à construire un pays. Ce n’est pas un hasard si les élites commerçantes et industrielles regrettent les technocrates: les branchements étaient directs.
Ils se sont distendus ces dernières années, sous Mohammed VI, au profit d’une toute autre forme de consensus: la désignation, par les urnes, de politiciens plus ou moins professionnalisés avec lesquels les groupes d’intérêts  doivent se «rebrancher», même si l’on a ses élus à la Chambre des conseillers. C’est d’autant plus important que les élites économiques sont, par nature, ultra-minoritaires. Or, que cela plaise ou pas, elles sont les seules à savoir fabriquer la croissance que les élus doivent répartir au  mieux.
Pour le Maroc, c’est un système nouveau, plus compliqué que l’ancien, mais qu’on espère plus juste. Restera à retrouver l’efficacité des technocrates. Pour l’instant, le résultat n’est pas génial, mais il n’y a plus d’autre chemin que les urnes pour modifier la trajectoire.

 

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