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L'Edito

Lignes rouges

Par Nadia SALAH| Edition N°:4911 Le 05/12/2016 | Partager
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Une forte critique se développe contre les parlementaires, si on en croit ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux. On objectera que quelques centaines, voire quelques milliers de personnes ne sont pas l’opinion publique. On aurait parfaitement raison.
Il n’empêche que l’observation compte dans la mesure où il n’y a pas grand monde pour prendre le contrepied des violences verbales à l’encontre des élus.
L’idée globale est qu’ils ne servent à rien et coûtent cher: il faut s’en débarrasser. Aurait-on déjà oublié ce qu’était le Maroc quand les élus ne comptaient pas? Aurait-on manqué la leçon d’histoire décrivant comment Hitler, minoritaire, avait réussi à décrédibiliser des élus pour s’attribuer tout le pouvoir, et quel pouvoir!
Une fois posées ces limites absolues à ne pas franchir, il reste les deux problèmes basiques, la compétence et les moyens. Il ne suffit pas de sortir des urnes pour avoir, par miracle, les deux; surtout si l’on considère que l’obligation d’assiduité et d’application n’est pas incluse dans le mandat donné par le peuple.
La première réforme serait donc d’exiger l’une et l’autre, retenue salariale à l’appui. Un mouvement d’opinion ne devrait pas être bien compliqué à organiser sur ce sujet.
Ensuite, au lieu de réduire les moyens (dans la ligne de cette haine des uns envers les autres qui envahit dramatiquement le Maroc), il faut les accroître avec intelligence.
On se méfie de l’idée d’attachés parlementaires. Donc on n’en a pas. Il existe quelques poignées de fonctionnaires débordés, pour faire des recherches.
Après, on s’étonne de la pauvreté argumentaire des élus; on s’émeut qu’ils laissent passer des textes contradictoires ou bien qu’ils n’ont guère de vue prospective.
Or, on a tout fait pour aboutir à cela. Et ce n’est pas une question de voitures ou de toilettes!

 

 

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