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L'Edito

Informel

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5426 Le 07/01/2019 | Partager
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Notre époque est en principe celle de la transparence. A l’échelle des Etats, elle dicte des impératifs d’accès à l’information, car c’est un prérequis à l’évaluation de la qualité des politiques publiques et partant de la démocratie.

Cependant, la sphère privée ne peut pas s’y soustraire complètement non plus.  Si elle a le droit de conserver des couloirs d’intimités patrimoniales, elle a aussi des devoirs vis-à-vis des cahiers des charges à respecter en matière de transparence comptable et financière tout particulièrement. 

Les obligations de numérotation et, à terme, de digitalisation des factures, par exemple, font partie du vaste chantier de gouvernance électronique qui est en train de rattraper plusieurs pans d’activité. Il est censé à terme discipliner les pratiques des administrations publiques à l’égard du risque de corruption et mieux cerner la population des contribuables.

Du point de vue économique, il permet également de réhabiliter un système, l’informel en l’occurrence, dont les capacités de production de biens et services, et de circulation monétaire, voire de création de richesse, sont reconnues, mais qui continue de se tenir en dehors des mœurs du système normal. Il s’agit en somme de réajuster des rapports, consacrés, au marché à ceux, en décalage, à la loi. 

Les organisations qui étaient jusque-là hermétiques à l’exercice ne peuvent en rester définitivement éloignées compte tenu des nouvelles possibilités de recoupement d’information qui se présentent à l’heure de la digitalisation.

En dépit de leur caractère contraignant pour ceux qui auraient pris pendant longtemps d’autres habitudes, ces changements sont salutaires.

Ils peuvent être négociés en tant que principe de précaution et de prudence face au risque de porosité entre des activités qui ne seraient simplement pas en conformité avec la loi et celles qui revêtiraient le caractère criminel de lessivage de capitaux.

Ceux qui préfèrent rester opaques deviennent suspects, car cela signifie qu’ils ont des choses à se reprocher.

Mohamed BENABID

 

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