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    L'Edito

    Guerre sale

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5222 Le 05/03/2018 | Partager
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    L'industrie pharmaceutique est sortie brusquement de sa léthargie. Réputé hermétique au déballage en public, le secteur se livre, par médias interposés, à un pugilat qui comble le fan-club de phrases assassines, parfois trashs, et du commentaire orienté.

    C’est surtout le système marocain d’autorisation des médicaments, et ses procédures, les AMM, qui semblent être l’invité principal des réjouissances. Ce petit acronyme administratif construit et déconstruit les réputations scientifiques des médicaments, tout comme une bonne part du capitalisme pharmaceutique.

    En dépit de sa fin de mandat chahutée, c’est bien l’ex-ministre de la Santé, Louardi qui en a simplifié les procédures, provoquant dans la foulée une détente des prix, inédite dans l’histoire du Maroc.

    Les raisons apparentes des tensions actuelles porteraient sur les dégâts collatéraux de cette libéralisation: des effets de désindustrialisation. Reste à savoir si cette orientation économique du débat, la plus respectable, est le fait générateur, ou seulement un habillage explicatif de la crise.

    Ces affaires peuvent être interprétées de deux manières.
    Soit, il s’agit d’un signe de vigueur démocratique qui a délié les langues. Auquel cas, il faut s’en féliciter et souhaiter que cet élan de transparence puisse contribuer à des rapports plus équilibrés entre labos et consommateurs.

    Soit cette guerre sale «en famille» cache quelque chose de beaucoup plus préoccupant. Dans ce cas, il faut passer la parole à la Cour des comptes ou à une nouvelle commission parlementaire pour comprendre de quoi il en ressort. Encore faut-il que ces institutions déploient cette fois-ci les grands moyens.

    Compte tenu de la forte prégnance de l’expertise scientifique dans les procédures d’AMM, il est en effet très difficile de trouver des avis véritablement indépendants ou qui ne soient pas en conflit d’intérêts avec un labo. Dans les deux cas, l’opinion attendra la suite avec intérêt. Parce qu’il y a urgence et parce qu’il s’agit de bien autre chose qu’un produit normal.

     

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