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    L'Edito

    Grève

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5537 Le 18/06/2019 | Partager
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    Les Marocains ont, depuis 50 ans au moins, de bonnes raisons de descendre dans la rue, de s’indigner contre une offre de santé publique désastreuse. Ils ne le font pas, sans doute par résignation ou parce qu’ils continuent de caresser le doux rêve de voir un jour un gouvernement finir par décrocher le Graal des réformes.

    En lieu et place de ce qui devrait être un vrai débat sur les urgences, l’unique spectacle qu’offre aujourd’hui ce secteur, c’est celui de grèves estudiantines sur fond de rivalités idéologiques, et soupçons de manipulations politico-islamistes, privé-public.

    Un spectacle où le poids des mots et la portée du raisonnement peuvent passer pour des positions dogmatiques d’un autre âge. Que l’on s’entende bien. Nous ne pouvons pas cautionner les grèves des étudiants en médecine. 

    En tout cas pas lorsque le débat est posé en ces termes.

    En médecine, comme pour d’autres disciplines, la crise de l’enseignement est un sujet publico-public. Elle ne peut être traitée qu’en soignant ses tares originelles et non en faisant du privé la victime expiatoire.

    En dépit des critiques formulées à son égard, le privé n’est qu’un révélateur des dysfonctionnements du public. Dès lors, il viendrait seulement accélérer un processus de restructuration interne inévitable pour lui permettre, idéalement, après émulation, d’abandonner ses archaïsmes.

    Aujourd’hui, cette réalité est pourtant peu audible. Les seuls bruits à résonner sont ceux de cahiers revendicatifs vagues, incertains, confus. Lesquels s’exposent dans la foulée à une grande défiance chez l’opinion publique. 

    Et lorsqu’un consensus s’y dégage, c’est avant tout pour récuser les facultés privées de médecine. Pas assez pour doper la popularité d’une grève.

     

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