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L'Edito

Déresponsabiliser

Par L'Economiste| Edition N°:2256 Le 17/04/2006 | Partager

Lorsque l’un «salue les réformes entreprises», ça peut vouloir dire qu’il n’y en a pas assez. Lorsque l’autre vous invite «à poursuivre les efforts de réduction du déficit» ça peut signifier qu’il n’est pas content… les rapports et avis des institutions internationales, Banque mondiale, FMI se prêtent souvent à une double lecture. La première c’est de se contenter de choses que tout le monde connaît: batailler contre le chômage et la croissance molle, l’endettement, le déficit, aller davantage vers le libéralisme. La seconde c’est d’essayer de décoder au détour d’une phrase, d’un commentaire sibyllin, des orientations nouvelles, un message politique. Mais, attention, sans tomber dans l’excès inverse et les idées reçues! Car il y en a.L’une des idées reçues est que les rapports officiels du FMI et de la Banque mondiale ne sont pas toujours suivis d’effets. Mais après tout, la responsabilité incombe-t-elle à ces mêmes organisations? L’autre idée reçue est que ces institutions sont responsables de nos problèmes. Dans le cas du Maroc, des crispations dogmatiques subsistent sur les échecs du PAS. Pourtant nul ne peut prétendre aujourd’hui que cela n’a rien donné. Ces institutions ont le mérite de poser des questions cruciales même si elles ne sont pas toujours capables d’y répondre comme en témoigne aussi l’incapacité à expliquer le «paradoxe de la croissance marocaine».En dépit des critiques dont elles ont parfois fait l’objet, les procédures instaurées par le FMI et la Banque mondiale avec les pays partenaires sont en réalité bien rodées. Les programmes sont conçus et discutés avec les gouvernements et la société civile. Partant, nul ne peut venir dire qu’il y a donc un diktat dans les choix économiques ni attribuer à tort à ces institutions un rôle d’inquisiteur de service. Il faut se garder de se déresponsabiliser et octroyer à ces entités plus de poids qu’elles ne méritent.Mohamed Benabid

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