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    Yaël: Fille de Moshé Dayan et pacifiste

    Par L'Economiste | Edition N°:145 Le 15/09/1994 | Partager

    Yaël Dayan est la fille du général Moshe Dayan, l'un des fondateurs de l'Etat d'Israël. Elle s'est fait un nom en luttant pour la paix à la Knesset, le Parlement israélien, où elle est député travailliste. Elle est également l'une des féministes les plus en vue en Israël.

    World Media: Quels ont été les plus grands progrès réalisés par les femmes au cours des quinze dernières années en Israël et dans le monde entier ?

    Yaël Dayan : Au cours des deux dernières décennies, les femmes ont réussi à mettre au point un discours féministe qui exprime leur point de vue dans un langage autre que celui de la domination masculine. Aujourd'hui, elles sont sûres de leur égalité et prêtes à assumer leurs différences. Il ne s'agit pas d'"être comme les hommes", mais d'être différentes tout en étant égales.

    La représentation des femmes dans les classes dirigeantes est devenue plus importante et cela même dans des pays où le poids de la religion et de la tradition avait imposé la domination patriarcale.

    - Qu'est-ce qui reste à faire?

    - Le progrès des femmes vers l'égalité et l'indépendance a suscité une vive résistance de la part des hommes. Les systèmes d'enseignement continuent à creuser l'inégalité le sexisme est en hausse, et les hommes - qui souffrent de plus en plus de la perte de leur position dominante - deviennent de plus en plus violents à l'égard des femmes.

    - Quand vous entendez parler d'un "nouvel âge d'or" pour les femmes, comment réagissez-vous?

    - Ce n'est certainement pas un âge d'or. Même pas d'argent! Nous n'avons pas gagné davantage en réalité qu'un bout de ficelle. Nos acquis ne sont pas reconnus comme des droits, ils sont donnés comme des faveurs. Les femmes ne sont pas encore conscientes de leur égalité. Il leur faut apprendre à revendiquer également le droit à la différence. Ce sont surtout elles qui considèrent la prise de décision dans les domaines politique, militaire et économique comme la "chasse gardée" des hommes.

    - Quelle est la situation des femmes en Israël par rapport à d'autres pays?

    - La situation des femmes en Israël est comparable à celle que l'on trouve aux Etats-Unis et en Europe. Nous sommes derrière les pays scandinaves, mais en avance sur les pays en voie de développement. Le problème pour Israël est que notre situation était déjà très bonne au moment de l'indépendance . C'est alors qu'a commencé la régression. Celle-ci s'explique en grande partie par les priorités - les vaches sacrées - qui prévalent en Israël .

    C'est-à-dire la sécurité (les hommes), la religion ( les hommes, les rabbins et le droit juif, le Halacha), ainsi que les sociétés patriarcales (d'où vient la majorité de la population.

    - Quels ont été les principaux obstacles que vous avez dû sur monter ?

    - Les hommes vont tenter de renforcer les obstacles pour garder leur position. Peut-être que le pouvoir de la religion sera affaibli par la paix, et qu'une nouvelle génération - libérée des traditions de leurs pays d'origine - aura dans ce domaine un autre comportement.

    - Comment décririez-vous votre propre rôle en Israël?

    - Je ne pense pas que mes succès soient limités par mon sexe. Je ne suis pas une pleurnicharde. Je suis fière d'être une femme. J'adore la cuisine, je me plais dans mon rôle de mère, et je n'éprouve ni regrets, ni frustrations. Je ne suis pas le "résultat" d'une lutte féministe. Le féminisme, pour moi, fait partie de la lutte pour les droits de l'Homme. C'est cette certitude qui me donne du courage et de la confiance. Je ne peux séparer mon engagement pour la paix, par exemple, de la lutte que je mène en même temps pour l'égalité des femmes. Je me suis lancée également - non sans un certain succès - dans la lutte pour l'égalité des homosexuels et des les biennes. Aux yeux de la classe politique en Israël, je suis une "mauvaise fille". J'ai du mal à me soumettre à l'autorité d'un groupe.

    - Comment réagissez-vous aux critiques dont vous êtes la cible?

    - J'estime que la plupart des critiques sont le fait de la jalousie ou d'une antipathie à mon égard. C'est rare que mes détracteurs vont vraiment au fond des choses. On me fait des remarques de plus en plus sexistes, jamais on ne tiendrait à un homme le même langage. Cela arrive même à me mettre en colère. Mais je n'aime pas l'agressivité, et j'essaie toujours de réagir calmement. J'ai ma famille et mes amis, toute une vie en dehors de la politique, et cela m'aide énor-mément.

    Ha'aretz, Israël

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