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Economie

Une conférence ESM-CESAM : GATT: Les PVD sans pouvoir de négociation

Par L'Economiste | Edition N°:65 Le 04/02/1993 | Partager

C'est le non-respect des principes du GATT qui a bloqué les négociations multilatérales destinées à libérer les échanges. La meilleure illustration en est les dernières mesures de représailles appliquées à la C.E.E. par les autorités américaines. Dans ce cadre, les liqueurs en provenance de l'Europe subissent des taxes de l'ordre de 200%, par exemple. Parallèlement, les U.S.A. accordent des subventions aux agriculteurs au moment où la C.E.E. en fait autant pour ses exportateurs agricoles.

Cette situation est le corollaire de la montée du protectionnisme tant au niveau des pays industrialisés qu'au niveau des P.V.D. qui veulent réaliser leur autosuffisance et promouvoir leur développement.

C'est ce qui ressort d'une conférence organisée par l'Ecole Supérieure de Management conjointement avec la Confédération des Etudiants Stagiaires Africains au Maroc, une conférence-débat sous le thème "Le GATT et les pays en développement". Cette conférence était animée par M. Seddik Mouaffak, professeur d'économie à la Faculté de Droit et d'Economie de Casablanca.

Il commence par définir ce qu'est le GATT: "Un traité permettant aux partenaires commerciaux de réorganiser leurs relations commerciales internationales, sur la base d'une coopération entre Etats". Il énonce un certain nombre de principes fondamentaux qui régissent le GATT pour aboutir progressivement au libre échange. Il s'agit notamment des principes de non-discrimination, de l'abaissement progressif des droits de douanes, de l'élimination du Dumping, de l'interdiction des subventions à l'exportation.

Le protectionnisme peut s'avérer nécessaire, notamment pour les pays du Tiers-Monde qui, par ce biais, peuvent développer leur technologie. Ils ont la possibilité, dans un premier temps. de procéder à une "interdiction pure et simple de leurs importations, conformément à la notion du protectionnisme éducateur développée par l'économiste Fréderic List". Ceci peut s'illustrer par le Brésil qui protège actuellement son industrie informatique.

Les P.V.D. doivent prêter attention à leurs forces internes et développer par ailleurs la coopération Sud-Sud. Car la division ne leur permet pas d'imposer leur point de vue sur le Nouvel Ordre Economique International (NOEI) et encore moins, de tirer pleinement profit du commerce international. C'est dans cet esprit que le Président de la C.E.S.A.M. souhaite "solidarité, compréhension et fraternité".

Plutôt que de s'accommoder au système en place, il faudrait réaliser l'autonomie collective des pays du Tiers-Monde via l'intégration régionale. Celle-ci selon M. Ali Kettani, Directeur général de l'E.S.M. "ne va pas à la vitesse espérée". Les PVD occupent une position marginale dans le commerce international. Selon M. Mouaffak, les pays développés, en particulier les USA, le Japon et la C.E.E réalisent 80% du commerce contre 20% seulement pour les P.V .D. Ceux-ci restent de simples "spectateurs" et ne disposent que d'un faible pouvoir de négociation. L'inégalité des échanges peut être imputée à la non-créativité qui caractérise les PVD.

Revenant au GATT, M. Mouaffak a passé en revue les 8 cycles de négociations multilatérales qui ont eu lieu depuis sa mise en place. Dans l'ensemble, les désaccords portent essentiellement sur le dossier agricole, le dossier textile et habillement, les mesures de sauvegarde, le droit de propriété intellectuelle.

Le dernier en cours, l'Uruguay Round, se heurte encore au conflit USA-CEE. Le dossier agricole constitue en effet le principal point d'achoppement. Ce conflit entre l'Europe et les U.S.A. ne pourrait être réglé qu'après la réduction des subventions accordées par les U.S.A à ses exportateurs de blé et par la C.E.E. à ses producteurs de céréales et de produits laitiers.

Le dossier textile pour sa part intéresse particulièrement les PVD. Le Maroc comme les "4 Dragons asiatiques" est producteur de textile. Devant une production excessive, l'accès au marché est devenu difficile étant donné la fixation des quotas qui en a résulté. Les N.P.I. ont pu contourné le problème et développer d'autres exportations de produits industriels (électronique, logiciel...). Le système généralisé de préférence, octroyé dans le cadre de la CNUCED, sur les produits industriels, se heurte à la montée du protectionnisme dans les pays industrialisées.

F.K.

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