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Economie

Préparant sa troisième session : Le CNJA analyse les dysfonctionnements de l'enseignement

Par L'Economiste | Edition N°:65 Le 04/02/1993 | Partager

Le CNJA a élabore une étude, relative au systèmes de l'enseignement, pour la préparation de sa troisième session. Cette nouvelle session se tiendra les 16, 17 et 18 Février, sous le thème: "Quelle Education-Formation, Quel Emploi pour le Maroc de demain". Elle analyse les dysfonctionnements du système actuel, établit des projections sur les formations utiles de demain.

"Si le Système d'Etudes Supérieur doit être ouvert et attentif au marché de l'emploi, plus que par le passé, il ne saurait être étroitement dépendant à son égard", affirme l'étude du CNJA. En effets "le système de l'enseignement supérieur doit poursuivre le développement des aptitudes, l'épanouissement de la créativité et de l'imagination", affirment les responsables du Conseil.

Le fonctionnement du Système d'Etudes Supérieur s'articule actuellement autour de deux structures: l'Université et les Instituts et les Grandes Ecoles en plus des formations pédagogiques.

Les systèmes d'enseignement supérieur sont marqués par l'explosion des effectifs. Le secteur de l'Enseignement Supérieur connaît un accroissement très rapide de ses effectifs. En 1989/90, les effectifs globaux ont atteint le seuil des 200.000 étudiants alors qu'au lendemain de l'indépendance ils se situaient aux alentours des 2.000.

Filières classiques

Cette évolution des effectifs illustre une tendance vers "la massification". En effet, cette explosion des effectifs, dans la mesure où elle ne s'est pas accompagnée d'une augmentation concomitante des ressources, s'est traduite par une dégradation générale des conditions de fonctionnement des Facultés. C'est ainsi que durant la décennie 80, pendant que les effectifs augmentaient en moyenne de 10%, l'augmentation du budget est restée inférieure à 5%, provoquant une réduction de plus de 50% de la dotation par étudiant.

L'enseignement universitaire s'articule globalement autour de quatre filières classiques, à savoir les Lettres et Sciences Humaines, les Sciences, le Droit et les Sciences Economiques, la Médecine.

Les Lettres et les Sciences occupent à elles seules 75,6% des établissements et absorbent 71% des effectifs en 1990/1991. En revanche, avec seulement 13,5% des établissements, les Facultés de Droit et de Sciences Economiques représentent 25% des effectifs d'étudiants de l'Université.

Toutefois, les projections à l'horizon 2000 font ressortir un important développement des formations en Droit et des formations professionnelles courtes.

Par ailleurs, les rendements internes du Système d'Etudes Supérieures peuvent être mesurés à partir du taux d'écoulement des effectifs d'un niveau universitaire au niveau suivant. Les statistiques relatives aux inscriptions et aux diplômés permettent de distinguer deux ensembles différents: les Instituts et Ecoles Supérieures aux taux de rendement interne élevés, et les Facultés pléthoriques, aux taux de rendement interne très faibles. Ainsi, le rapport diplômés en 1990/91 et inscrits en 1987/88 est de 81,02% pour les Instituts et Ecoles Supérieures et 34,08% pour les Facultés.

Redoublement

Concernant l'Enseignement Fondamental et selon les prévisions du Ministère de l'Education Nationale, le taux de scolarisation passera progressivement de 67 à 90% en l'an 2000, soit près de 721.000 enfants à scolariser en 2001, dont 57% en milieu rural. Outre l'amélioration des taux de scolarisation, les prévisions pour la décennie quatre vingt dix tablent sur une nette amélioration de la répartition géographique des taux de scolarisation. Les taux de redoublement seraient également réduits en l'an 2000 d'environ trois points, tandis que les abandons reculeraient sensiblement pour se situer à prés de 10% au début du siècle prochain. En 1989, le taux de redoublement avait atteint 15,5% au niveau du premier cycle de l'enseignement fondamental.

Pour ce qui est de la 9ème année, le taux de redoublement est de près de 44%. Pour ce qui est de la composition de l'Enseignement Secondaire, sur 293.667 inscrits en 9ème année, prés de 96% le sont dans l'enseignement général avec respectivement 4,4% en Lettres et 50,6 en Sciences.

Cette forte concentration dans des formations générales ne laissent qu'une place symbolique à l'Enseignement Technique, sous ses différentes composantes (Techniques Industrielles, Techniques Agricoles et Techniques Commerciales).

La forte concentration n'est que légèrement atténuée au niveau de la structure des bacheliers, puisque plus de 85% des diplômés ont obtenu leur baccalauréat en 1989, soit en Lettres, soit en Sciences Expérimentales, contre à peine 5,8% en Mathématiques, 2,9% en Economie, 2% en Techniques Commerciales, 3,7% en Techniques Industrielles et moins de 1% en Techniques agricoles.

Les projections du Ministère de l'Education Nationale prévoient que la prédominance relative des formations générales s'atténuerait mais ne disparaîtrait guère. En l'an 2000, sur l'ensemble des jeunes orientés vers l'enseignement secondaire, 81% iront vers les formations générales contre 19% pour les formations spécialisées et Techniques.

L.T.

Les emplois qualifiés de demain

Les études du CNJA ont abouti à des projections, à l'horizon de l'an 2000, des besoins de l'économie en emplois qualifiés. Elles constituent des repères utiles pour les responsables de l'orientation et les familles.

Directeurs et cadres

Globalement, les emplois pour cette catégorie seront de 3.600 par an entre 1993 et l'an 2000, moyenne qui dépasserait 4.200 en 2005.

Au fur et à mesure que les petites entreprises grandissent, elles sont appelées à s'organiser pour répondre à la demande de leur clientèle. D'autres fonctions s'imposeront alors relatives à la production, la gestion du personnel et l'organisation du travail, notamment. Pour les grandes entreprises, les fonctions qui seront les plus demandées sont celles d'études, recherches, essai et de contrôle.

Les ingénieurs

Les spécialités qui connaîtront, à l'horizon 2000 et 2005, une croissance importante, concerneront les ingénieurs civils, les ingénieurs mécaniciens, les ingénieurs électriciens et électroniciens et les ingénieurs-conseils. Ainsi, sur 1110 créations d'emplois d'ingénieurs en milieu urbain, en l'an 2000, 230 seront des ingénieurs civils, 220 des ingénieurs électriciens et électroniciens et 210 des ingénieurs mécaniciens. Une demande s'exprimera également envers l'ingénierie de l'électronique, télécommande et télécommunication, de l'ingénierie des énergies renouvelables et de la bio-ingénierie et de l'ingénierie navale et maritime.

Les médecins

Les besoins potentiels évalués sur la base d'un encadrement minimal d'un médecin pour 3.000 habitants (la moyenne nationale est actuellement de 4.200 habitants par médecin), s'établiraient à 3.880 médecins entre 1990 et l'an 2000, soit une augmentation annuelle de 390 médecins. Mais pour assurer une densité médicale compatible à la moyenne des pays à revenus intermédiaires, soit un médecin pour 2.500 habitants, il faudrait environ 900 médecins supplémentaire par an.

Les professions juridiques

Entre 1971 et 1982, les effectifs des professions juridiques ont crû au taux annuel moyen de 11,3%. Suite à ces tendances, les effectifs augmenteraient en moyenne de 1.240 emplois par an entre 1993 et 2005. Cette hausse concernera aussi bien les emplois traditionnels (avocats, notaires, magistrats) que les nouvelles professions de conseil juridique et de contentieux auprès des particuliers ou dans les entreprises.

Les physiciens et techniciens

L'analyse des différentes branches des Industries Mécaniques, Métallurgiques et Electroniques a permis d'identifier les emplois types auxquels accèdent les techniciens. Ainsi, les plus demandés sont les techniciens en fabrication métallique ou mécanique, des techniciens en topographies, des techniciens d'ordonnancement, des techniciens de méthodes industrielles, d'études, d'essais et de contrôle mécanique. Le développement de l'agriculture nécessitera des techniciens dans les domaines les plus variés.

Les diplômés de la formation professionnelle

Le volume de création d'emplois qui intéresseront les diplômés de formation CQP et CAP atteindrait en moyenne annuelle 8.500 postes entre 1993 et 2000 et 11.600 postes entre 2000 et 2005. Une large proportion (45%) sera générée par les secteurs industriel et artisanal, suivis du BTP (23%), des services (23%), du commerce (4%).

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