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    Politique Internationale

    Syrie: Le temps de la répression…

    Par L'Economiste | Edition N°:3514 Le 22/04/2011 | Partager
    Après les (fausses) promesses, le régime Al-Assad sévit
    Les manifs s’intensifient

    En proie à de grandes difficultés, Bachar Al-Assad a essayé les concessions politiques et les promesses de réformes pour apaiser la société. Maintenant, la répression est de mise dans plusieurs villes qui continuent à se soulever…

    L’atmosphère est de plus en plus tendue autour de Bachar Al-Assad. Malgré le discours prononcé samedi par le chef de l’Etat promettant la levée imminente de l’état d’urgence -en vigueur depuis 48 ans- des milliers de Syriens ont continué à manifester leur hostilité au pouvoir absolu du parti Baas. Face aux manifestations qui ont pris un rythme quotidien, la répression est devenue violente. Des policiers syriens en civil, armés de fusil AK-47, se sont déployés hier dans les rues de la ville de Homs. Avec plus d’un million d’habitants, située dans le centre de la Syrie à 165 km au nord de Damas, Homs est devenue depuis quelques jours l’un des foyers de la contestation. Des habitants, qui redoutent de nouvelles attaques des hommes fidèles au régime, se sont organisés en groupes pour protéger les quartiers. La police a dressé des barrages routiers autour de la ville. Les Etats-Unis, occupés en Afghanistan, en Irak et en Libye, ont indiqué qu’ils ne cherchaient pas à déstabiliser le gouvernement syrien, bien que, selon des câbles diplomatiques cités par le Washington Post cette semaine, des exilés syriens et d’autres dissidents reçoivent des fonds américains depuis 2006.
    A Djisr al Choughour, au nord de Homs, un millier de personnes ont manifesté en faveur de « la chute du régime », à l’instar des foules tunisiennes et égyptiennes qui ont chassé du pouvoir en début d’année les présidents Zine Al Abidine ben Ali et Hosni Moubarak. A Talbiseh, entre les villes de Homs et de Hama, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur une foule participant aux funérailles d’un homme tué samedi par des hommes du régime, faisant trois nouveaux morts. « Le peuple veut la liberté », ont scandé des centaines de personnes devant la tombe du leader indépendantiste Ibrahim Hananou à Alep, la seconde ville du pays, épargnée jusqu’à il y a quelques jours par le vent de contestation qui souffle depuis décembre sur le monde arabe.
    Des centaines de manifestants sont également descendus dans les rues de la ville méridionale de Soueïda, au coeur du pays druze, scandant «Dieu, la Syrie, la liberté, c’est tout!» avant d’être pris à partie par des miliciens fidèles à Assad.
    A Banias, dans l’ouest, quelque 1.500 manifestants sont descendus dans les rues, confirmant que l’agitation qui touche la Syrie, un des pays les mieux verrouillés de la région, est loin de s’essouffler.
    Cependant, Damas ne reconnaît pas encore la nature des manifestations qui égrènent les villes. Le ministère de l’Intérieur considère que la Syrie fait face à une insurrection armée de musulmans salafistes. Les forces de sécurité n’hésitent pas à réprimer les manifestants au moyen de matraques, de gaz lacrymogènes et de balles réelles. En butte au plus grand défi qui se soit présenté à lui, le président syrien a essayé les (fausses) concessions économiques et promesses de réformes. Les troubles, qui ont fait plus de 200 morts depuis un mois, ne diminuent pas. La manière forte est l’option la plus vraisemblable pour un Bachar Al-Assad en difficulté qui cherche à garder le soutien de sa communauté minoritaire alaouite.

    Karim Serraj

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