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    Souplesse ou austérité: Le FMI change de discours

    Par L'Economiste | Edition N°:2754 Le 11/04/2008 | Partager

    . Pour contrer la récession, il préconise de puiser dans les caisses de l’Etat. Les crises ne sont plus les mêmes et le Fonds a changé, selon DSK Dix ans après la crise asiatique et ses douloureuses cures d’austérité, le Fonds monétaire international fait aux pays riches une prescription inverse pour contrer la récession: ouvrir les vannes.«Les banques centrales de plusieurs économies avancées, en particulier des Etats-Unis, ont eu raison d’assouplir leur politique de taux», a redit mercredi dernier l’économiste en chef du Fonds, Simon Johnson. Elles «pourraient devoir continuer à lâcher du lest», a-t-il ajouté, lors d’une conférence de presse.«Le plan de relance américain semble à même d’apporter un soutien pertinent», a-t-il poursuivi, et pareil «usage des marges budgétaires» est recommandé, partout où c’est possible, selon lui.Puiser dans les caisses de l’Etat pour éviter aux banques de faire faillite est autorisé: «L’argent public peut être utilisé, et a été utilisé à bon escient», par exemple lors du rachat de la banque d’affaires américaine Bear Stearns. Aux critiques qui invoquent l’aléa moral, il répond que «les opérations de sauvetage parfaites n’existent pas». Lorsqu’il conseillait les pays émergents, d’Asie et plus tard d’Amérique latine, le FMI tenait un discours différent. Abaisser le coût de l’argent, voler au secours des banques qui avaient pris des positions spéculatives et faire des plans de relance budgétaire, étaient alors une hérésie. Le Fonds prônait la discipline des comptes publics, l’arrêt des subventions, et laissait au marché le soin de séparer lui-même le bon grain de l’ivraie... Les faillites faisaient partie de la cure et les critiques étaient découragées. «Ce fut le cas pour Joseph Stiglitz», ancien chef économiste de la Banque mondiale, écarté avec fracas après avoir raillé l’intransigeance des institutions de Bretton Woods, se souvient Nancy Birdsall, présidente du Center for Global Development (CGD), une critique des deux institutions. Le Nobel d’économie doutait en particulier du fait qu’»augmenter les taux d’intérêt puisse accroître la confiance dans une monnaie», surtout dans des pays comme la Corée du Sud, se rappelle-t-elle. «On ne fait pas tout à fait l’inverse, il ne faut pas exagérer», se défend aujourd’hui le nouveau directeur général du Fonds, Dominique Strauss-Kahn (DSK). «On dit simplement: on doit traiter les questions que l’on a à traiter en résolvant le problème qui nous est posé, mais en faisant attention aux dégâts collatéraux», expliquait-il la semaine dernière. Qui plus est, «la crise qu’on a en face de nous aujourd’hui n’est pas une crise de change au sens traditionnel du terme», note-t-il.


    Contexte différent

    Le contexte est différent, souligne Domenico Lombardi, président de l’institut de politique économique de l’université d’Oxford. «Cette crise ne prend pas ses racines dans les données macroéconomiques du pays mais dans ses institutions financières». Autrement dit, puisque ce ne sont pas les fondamentaux qui sont en cause, une cure d’austérité serait inefficace. Ce sont les marchés qu’il faut soigner pour éviter qu’ils ne plombent l’économie réelle. «En Asie, baisser les taux d’intérêt aurait simplement accéléré la chute des monnaies qui avaient déjà perdu 25% de leur valeur en quelques mois», ajoute Edwin Truman, expert au Peterson Institute. «Donc, c’est vrai que les crises ne sont plus les mêmes et que le Fonds a changé», résume Strauss-Kahn. Synthèse L’Economiste

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