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Economie

Sécheresse: Dans le meilleur des cas, une récolte moyenne

Par L'Economiste | Edition N°:67 Le 18/02/1993 | Partager

Les pluies ont donné un petit répit qui tire sur sa fin. Il ne reste plus dizaine de jours pour déterminer la campagne. S'il pleut, elle sera médiocre à moyenne. S'il ne pleut pas, elle sera catastrophique.

Le taux de remplissage moyen des barrages(1) est de 28,8% au 16 Février, contre 28,4% au 1er Février et 28,9% au 18 Janvier. La très légère remontée s'explique par les pluies, tombées entre les 28 Janvier et 10 Février. Elles ont été très insuffisantes cependant.

Le taux moyen de remplissage recouvre toujours des situations très différenciées: les barrages alimentant les deux périmètres de la Tassaout sont au même niveau qu'en Janvier; à Tanger, la situation est toujours très tendue, mais il a été possible de pomper au fil de l'eau grâce aux pluies; en revanche les grands barrages permettant l'alimentation de la zone Kénitra El Jadida ont des réserves au moins égales aux besoins (507 millions de m3 soit 18,4% de remplissage dans EI Massira et 282 millions de m3 soit 58% de remplissage dans le barrage du Bou Regreg).

Dans les nappes phréatiques, la situation moyenne est inchangée par rapport à celle de Janvier: les niveaux sont relativement stables. Cependant, dans les petites nappes, fortement sollicitées, le niveau a baissé. Des arboriculteurs signalent devoir descendre à 100m, contre 30m en année normale. Inversement les très grandes nappes, notamment dans le Souss Massa, le Tadla et dans la Moulouya n'ont pas bougé. Les agriculteurs sont encouragés à y pomper pour diminuer la pression de la demande sur les réserves de surface, mais pour l'instant les mécanismes financiers pour favoriser les équipements de pompage, mis en place en 81-85, n'ont pas été réactivés.

Du côté des céréales, l'état est qualifié de "critique", sauf pour les régions de l'extrême Nord et Nord-Est et pour la zone côtière.

Les superficies emblavées sont très inférieures à la moyenne: 3,7 millions d'hectares contre 4,95. Cependant, les experts du Ministère de l'Agriculture se montrent toujours très réservés: la situation peut encore se retourner et ce, jusqu'à la fin du mois, de manière à compter sur une récolte moyenne.

Cependant, l'anticyclone, toujours présent, n'autorise que l'arrivée de pluies du Sud-Ouest, irrégulières et capricieuses, qui arrosent le bour défavorable et le Sud. Aucun changement à l'horizon du 20 Février n'est prévu.

Pour le bour défavorable, la situation est... favorable et donc pour l'orge aussi.

Bien que les experts du Ministère de l'Agriculture s'interdisent d'avancer la moindre prévision de récolte avant les premiers jours de Mars, ils ne démentent pas les estimations
grossières d'origine professionnelle, qui tablent sur 20 millions de quintaux, avec une forte proportion d'orge .

Chez les cultures de printemps, c'est l'attente. Les semis de tournesol sont remis à plus tard, notamment dans le Gharb et le Saïss, où il n'a pas plu depuis le 15 Janvier et où le déficit hydrique est important. Le maïs est entre 2 et 3% des surfaces normales, mais il a démarré sur les régions côtières.

L'état des légumineuses est très dispersé. Les fèves sont dans une situation catastrophique: les superficies arrivent à peine à 40% de celles des années normales et les cultures sont endommagées à 50%. Les pois-chiches sont en attente. En revanche, les lentilles "tiennent le coup", selon l'expression d'un spécialiste, qui résume l'ensemble de la situation céréalière dans une formule rapide: "les semis sont faibles, la situation est globalement critique, mais la récolte n'est pas définitivement compromise".

Du côté du cheptel, après le "ouf" du début Février, on retrouve les données du début Janvier: " Tout le monde attend la pluie".

Les ondées de début Février ont provoqué des hausses de 40 à 50% des cours des carcasses au stade du gros, en raison de la rétention des éleveurs qui espérant pouvoir nourrir les bêtes. Mais la chaleur de ces derniers jours réduit l'effet des ondées sur les parcours. Le risque est donc de voir réapparaître des animaux bradés en souks, aux prix pratiqués fin janvier: 200 à 300DH la tête de brebis. Les spécialistes donnent une semaine avant que le mécanisme ne s'enclenche. (Cf notre rubrique De Bonne Source, en page 39).
(1) Cf L'Economiste des 7 et 23 Janvier et du 4 Février 1993.

N.S.

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